Fermeture de l'ERT: «Le gouvernement grec voulait punir quelques personnes»

MEDIAS C’est ce qu'a estimé la correspondante en France de la télévision publique grecque ERT, dont la fermeture brutale le 11 juin a déclenché une tempête mondiale de protestations…

avec AFP

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Le siège de la chaîne de télévision grecque ERT3 le 11 juin 2013.
Le siège de la chaîne de télévision grecque ERT3 le 11 juin 2013. — Nikolas Giakoumidis/AP/SIPA

«Le gouvernement grec voulait fermer la télé pour punir quelques personnes. Il a puni 2.700 personnes. Ils avaient des comptes à régler», a estimé vendredi à Marseille Thomais Papaionnou, la correspondante en France de la télévision publique grecque ERT.

La diffusion de la télévision n’a toujours pas repris

Elle s’exprimait lors d'un débat sur les télévisions publiques du pourtour méditerranéen organisé dans le cadre du festival de la Méditerranée en images (PriMed).

«Le gouvernement prime sur les lois de ce pays, ce qui est plus inquiétant encore que la fermeture des télés et des radios», a-t-elle également estimé, alors que la diffusion de la télévision n'a toujours pas repris, malgré la décision lundi du conseil d'Etat demandant au gouvernement de relancer temporairement les chaînes de télévision publique.

Une intense crise politique

Depuis la fermeture brutale de l'ERT le 11 juin, le Premier ministre conservateur grec, Antonis Samaras, tente d'apaiser l'intense crise politique qu'il a ouverte en prenant cette décision sans consulter ses partenaires de la coalition gouvernementale.

Cette fermeture, une première dans un pays démocratique qui a également privé les Grecs de nombreuses chaînes étrangères (BBC, TV5Monde, DeutscheWelle, CNN), a déclenché une tempête mondiale de protestations.

«Le gouvernement réagit parce qu'il y a eu des réactions internationales»

«Le gouvernement réagit parce qu'il y a eu des réactions internationales. Quand il y a des réactions internationales, on (le gouvernement, NDLR) réagit, parce qu'on a honte de notre linge sale», a considéré vendredi la journaliste grecque.

Le gouvernement avait justifié cette fermeture par la nécessité de faire des économies sous la pression de ses bailleurs de fonds internationaux de la troïka (FMI, Commission européenne, Banque centrale européenne) qui l'ont renfloué au printemps 2012.

Interrogé par l'AFP en marge du débat, Jean-Paul Philippot, le président de l'Union européenne de radio-télévision (UER), qui regroupe de très nombreuses radios et télévisions en Europe et alentour, a estimé que la situation de l'audiovisuel grec n'était «pas très différente» des autres en Europe et ne justifiait «pas le caractère exceptionnel et la brutalité» de cette décision.