Les 1.000 histoires du «Jeu des 1.000 euros» de France Inter

Alice Coffin

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 Nicolas Stoufflet chauffe la salle du jeu des 1000 euros
 Nicolas Stoufflet chauffe la salle du jeu des 1000 euros — Philippe Brault / Upian

Le nec plus hype de la technologie du Web s’attaque à la plus vieille des émissions radio. Upian, société en pointe dans la production de Web documentaires a coproduit avec Radio France un Webdoc sur «Le jeu des 1.000 euros» de France Inter intitulé «Le jeu des 1.000 histoires».  Pendant plusieurs semaines, le photojournaliste Philippe Brault a sillonné les routes avec le présentateur Nicolas Stoufflet et son acolyte Yann Pailleret (celui qui tape depuis vingt-trois ans sur un métallophone pour faire résonner les célèbres dong).

Le syndrome des Ardennes: l’angoisse de la salle vide

Il en a tiré des pastilles de quelques minutes à voir dans des ordres disparates. «Je voulais travailler sur la France, un sujet négligé des journalistes et des festivals d’images qui privilégient les reportages à l’étranger, les guerres, explique Philippe Brault. Cette émission de radio nomade m’a servi de fil rouge. Dès la première semaine du tournage, je me suis retrouvé à 80km de Paris dans un village sans aucun commerce dans lequel je ne serai jamais allé sans eux». Sur l’écran défilent des montages soignés de dizaines de salles de fête, de gymnases, de salles de mariage dans lesquels prend place le spectacle du «Jeu des 1.000 euros». La plupart du temps plutôt pleine, même si précise Philippe Brault «le syndrome des Ardennes plane toujours. «Dans cette Région, les gens écoutent moins Radio France, ils ne savent donc pas que l’émission vient dans leur village et parfois les salles sont plus vides qu’ailleurs.»

Banco, banco, banco! Super, Super, super!

Ces images ou vidéos sont enrobées de sons de l’émission («Banco, banco, banco!») ou de saynètes tournées au hasard des rencontres avec le public et l’équipe. Ces tranches de vie peuvent être assemblées par l’internaute à sa guise ou au hasard. Le concept du Web doc est assez simple. «On visait un public populaire, précise Margaux Missika, productrice du projet chez Upian. Donc il nous fallait une interface simple. Faire en sorte que ce Web doc puisse s’adresser à tout le monde. La question c’était: est-ce que ma grand-mère comprendrait comment cela fonctionne, afin que les auditeurs qui aiment le jeu puissent s’y trouver. Même si bien sûr le public du Webdoc va au-delà du public de l’émission ».

Des routes et des étapes

Christilla Huillard-Kann, directrice adjointe des nouveaux médias de Radio France confirme: «Je défie quiconque de ne pas avoir entendu parler de ce jeu. Le côté coulisses, rendre visible le son qui est par nature invisible, devrait toucher un large public. C’est une belle étape pour le service Nouveaux Médias de Radio France». Philippe Brault aussi parle d’étape. «Ce Webdoc m’a ouvert les yeux sur plein de choses, explique-t-il. Je vois ce «Jeu des 1.000 histoires» comme un immense repérage dans toute la France, avec beaucoup de choses vues qui demandent à être creusées». Des choses pas toujours folichonnes, la déprime n’est jamais bien loin. «C’est à l’image aussi de la crise économique que traverse le pays, des villages qui vieillissent et meurent doucement. Et en même temps, il y a de la pêche dans chaque salle et de les savoir sur les routes sans moi la semaine dernière m’a donné une grosse nostalgie!».

 

 

 

D’autres Webdocs à venir
Upian a aussi dans ses tiroirs un proje de Webdoc sur la génération Y réalisé avec France 2. Et un autre sur le tracking en ligne avec Arte.