Olivier Schrameck, président du CSA : «Nous sommes une vigie, pas un gendarme»

Alice Coffin

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Olivier Schrameck à Paris le 19 mars 2013.
Olivier Schrameck à Paris le 19 mars 2013. — WITT/SIPA

Le CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel ), c’est qui, c’est quoi? Pour Olivier Schrameck, son nouveau président depuis un an, ce n’est surtout pas «le gendarme de l’audiovisuel». Mardi midi lors d’un déjeuner avec l’Association des journalistes médias, il a précisé les missions de l’institution et leur évolution due, notamment, à la montée en puissance des acteurs numériques dans le secteur de l’audiovisuel.

Le CSA, à quoi ça sert?

«Le CSA n’est pas une instance de législation mais de régulation», a insisté Olivier Schrameck. En clair, «c’est une vigie pas un gendarme ». En encore plus clair, le CSA manie plus la concertation que le bâton, avec les limites inhérentes à cette position.

Le CSA peut-il régner sur Internet?

«Entre les smartphones, les tablettes, les TV connectées, le monde de l’audiovisuel est complétement immergé dans le monde d’Internet, explique Schrameck. Quand Google crée des chaînes, il se place sur un créneau voisin de la création culturelle classique dont les acteurs sont nos interlocuteurs habituels». Comprendre que si Google fait de la télé, il n’y a pas de raison qu’il n’ait pas affaire au CSA qui s’occupe de ce qui se passe sur le petit écran. Olivier Schrameck a du reste rencontré les représentants de Google France et d’autres acteurs d’Internet. «Je connais leur réticence face aux organisations institutionnelles et en particulier face au CSA parce qu’ils en ont l’image du gendarme. Si des missions nous sont confiées, elles le seront à une commission particulières». Quant aux implications du rapport Lescure, au caractère transfrontalier d’Internet qui rend plus compliqué la régulation, Schrameck conclut d’un «il y a encore de nombreux problèmes non résolus».

Le CSA lutte-t-il efficacement pour les droits des femmes?

A son arrivée au CSA, un groupe spécifique sur les Droits des femmes a été confiée à Sylvie Pierre-Brossolette. «J’y tiens essentiellement» a martelé Olivier Schrmaeck. Nous allons être très attentifs au langage, aux pratiques publicitaires, notamment à la lutte contre les violences conjugales et de genre qui sont une grande source de criminalité dans les pays latins, nous veillerons aux fictions qui mettraient en scène ces situations».

Le CSA souhaite-il plus de chaînes de télévision?

Olivier Schrameck semble trouver qu’il y a déjà assez de chaînes dans le PAF. En cas de disparition de certaines, elles ne seraient pas «immédiatement remplacées ». «Le besoin le plus pressant n’est pas d’aller vers plus de diversification des chaînes, mais de faire un choix  entre une approche thématique ou généraliste».

Le CSA et France Télévisions

Parmi les changements liés à la nouvelle majorité politique, le CSA retrouve son pouvoir de nomination des dirigeants de l’audiovisuel public. Olivier Schrameck n’a souhaité faire aucun commentaire sur les personnalités des dirigeants actuels. Au sujet de France Télévisions, il précise que «le groupe traverse une période difficile» et que «le CSA est là pour l’aider».