Un journaliste de l'AFP violemment agressé en marge de la Manif pour tous, RSF condamne «une dérive hostile aux médias»

MEDIAS iTélé publie sur son site une vidéo de l'agression. Contacté par «20 Minutes», Reporter Sans Frontières condamne une accumulation de violences envers les journalistes ces derniers mois…

Annabelle Laurent

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Un photographe de l'AFP agressé en marge de la Manif pour tous, dimanche 26 mai. 
Un photographe de l'AFP agressé en marge de la Manif pour tous, dimanche 26 mai.  — iTélé

Dimanche soir, en marge de la dispersion de la Manif pour tous, de violents affrontements ont opposé aux Invalides, à Paris, plusieurs centaines de manifestants aux forces de l’ordre et aux journalistes.

L’AFP informait dimanche soir qu’un de ses photographes avait été légèrement blessé et soigné sur place par la Croix Rouge. L’agression du photographe a été filmée par un journaliste d’iTélé.  La vidéo montre qu’il a été frappé puis jeté à terre violemment. Le compte Twitter de l'AFP diffuse ce lundi matin la vidéo publiée dans la nuit par le site d'iTélé

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Un journaliste violemment agressé en marge de la Manif pour tous - 26/05/13 à 22:49


Pendant ces affrontements, des projectiles -surtout des bouteilles de bière mais aussi quelques pavés- ont été lancés en direction des forces de l'ordre et des journalistes. Certains journalistes ont été coursés.

«Un mépris total du pluralisme et des principes démocratiques»

«Les images sont extrêmement choquantes. Plus largement, ce qui est choquant c’est qu’il semble y avoir une dérive hostile aux médias», réagit Christophe Deloire, le directeur général de Reporter sans Frontières, contacté par 20 Minutes.

«Evidemment, la critique du traitement journalistique de l’actualité politique est légitime, mais ces violences, que RSF condamne absolument, témoignent d’un mépris total du pluralisme et des principes démocratiques», ajoute Christophe Deloire, qui énumère l’agression d’un journaliste de TV Rennes le 5 mai, l’agression d’un journaliste du service politique de RTL le 7 mai, celle de journalistes de LCP le 17 avril près du Palais-Bourbon, ou encore la présence le 1er mai d’autocollants anonymes faisant mention de noms et d’adresses de journalistes. Une dérive observée depuis «novembre dernier environ» par l’association, qui compte publier un communiqué en début d’après-midi.

Le photographe agressé dit «s’en tirer très très bien»

Interrogé par Le Monde, le journaliste de l'AFP revient sur son agression. «Je m'en tire très, très bien malgré les images impressionnantes», explique-t-il en racontant l’affrontement avec ces militants «clairement d'extrême droite». «Ils avaient des drapeaux noirs, des croix celtiques et portaient des casques, des gants et des barres. Ils ont chargé plusieurs fois le groupe d'une vingtaine de journalistes, nous ont jeté des bouteilles. Ils couraient, remontaient la rue quand l'un d'eux m'a sauté dessus», raconte-t-il.

La vidéo montre plusieurs hommes le frapper avec des bâtons. «Heureusement, ce n'était pas des barres de fer, précise le journaliste. Il s'agissait de tubes en plastique sur lesquels ils accrochent les drapeaux», précise le journaliste.