«Les Feux de l’amour» célèbrent leurs 40 ans

Joël Métreau

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Les comédiens Ted Shackleford et Judith Chapman dans un épisode de 2008 des "Feux de l'amour".
Les comédiens Ted Shackleford et Judith Chapman dans un épisode de 2008 des "Feux de l'amour". — CBS

A 40 ans, personne ne peut se targuer d’avoir connu autant de mariages, de divorces et d’infidélités. Sauf « Les Feux de l’amour », qui a démarré le 26  mars 1973, sur la chaîne américaine CBS. Quelque 10 120 épisodes plus tard, « The Young and The Restless » en VO (« les jeunes et les agités ») continue de « jouer sur la compétition entre plusieurs familles riches, avec depuis quelques années la rivalité et les amours presque consanguines entre les Newman et les Abbott », note Marie Lhérault, consultante chez IMCA.

2,1 millions de téléspectateurs

Sur TF1, qui diffuse le soap opera depuis 1989, ce sont quelque 2,1 millions de téléspectateurs (22 % de parts d’audience) qui suivent en moyenne la série chaque jour. Dans le monde, en 2009, ses audiences mondiales se situaient derrière celles d'« Amour gloire et beauté » (23,1  millions de téléspectateurs), avec qui «Les feux de l’amour» partagent le même créateur (William Joseph Bell) et quelques personnages.

« Les téléspectateurs, surtout ceux qui l’ont regardé tout au long de leur vie, voit désormais les personnages comme une extension de leur propre famille », assure Christine Fix, rédactrice en chef du site américain américaine Soaps.com. Et pour les retenir, il faut se renouveler, au risque des incohérences, comme ce protagoniste qui a subi plusieurs vasectomies. « Depuis 10 ans, au moins quatre équipes de scénaristes se sont succédé. Ce qui a une influence sur les dialogues et la mise en scène », explique Liberty, webmastrice de Soap-passion.com

« Des SMS sous la table »

Sa longévité, elle la doit à aussi à sa capacité à rebondir sur l’actualité, dans tous les domaines. Politique. La première élection d’Obama y est évoquée. Technologique. La tablette numérique a ses premiers consommateurs dans le feuilleton. « L’introduction des technologies a eu des conséquences sur la mise en scène. Avec les téléphones portables, les héros ont pu s’envoyer des SMS sous la table », remarque Liberty. La série colle à l’air du temps : mère porteuse, harcèlement entre ados via Facebook…

« Son créateur Bell a su intégrer tous les thèmes de société dans « Les Feux de l’amour ». C’est une des séries qui a introduit la diversité, par exemple avec de nombreux personnages noirs, puis une famille noire », explique Rémy Pernelet, rédacteur en chef de TV Grandes Chaînes, qui consacre un hors-série au soap opera. « Le problème, c’est qu’en France, on a trois ans et demi de retard sur la diffusion américaine, regrette Liberty. Il y a quelques semaines, il y avait dans un épisode une référence au Gangnam Style, avec un bout de la chorégraphie. » Partout dans le monde, on est déjà passés au Harlem shake.

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