Les journalistes des «Nouvelles calédoniennes» inquiets pour leur avenir

Anaëlle Grondin

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Les journalistes du quotidien, qui appartient au groupe Hersant Média et à Bernard Tapie, sont préoccupés par la vente de leur titre à des actionnaires locaux. «On est inquiets pour notre avenir», a confié ce lundi à 20 Minutes Charlotte Mannevy, journaliste et vice-présidente de la société des journalistes (SDJ) des Nouvelles calédoniennes. «On a été rachetés par le groupe Tapie qui veut nous revendre localement à des investisseurs locaux. Ici, les pouvoirs économiques et politiques sont extrêmement proches.» Le journal n’est pas paru pendant deux jours la semaine dernière. Les journalistes ont fait grève. Un mouvement suspendu jeudi, «car des discussions ont été ouvertes».  La semaine dernière, la SDJ a remis à la direction un cahier de revendications demandant aux futurs acheteurs de signer un «accord-cadre définissant la déontologie des journalistes», ainsi que «l'ouverture de la clause de cession».

Ce lundi, la Société des journalistes a écrit au Premier ministre et à la ministre de la Culture et de la Communication pour leur faire part de ses inquiétudes. «Longtemps sous la coupe d’hommes politiques, les Nouvelles calédoniennes, seul quotidien de l’archipel, a reconquis ces dernières années une neutralité éditoriale que défendent au quotidien les journalistes. Un retour en arrière correspondrait à un déni de la démocratie, une insulte envers la population calédonienne désireuse de construire le "destin commun", mais aussi à un réel danger à l’aube d’échéances électorales majeures quant à son avenir», peut-on lire dans ce courrier.

«Il faut que Bernard Tapie remplisse ses obligations légales!»

La SDJ ajoute: «Nous souhaitons également attirer votre attention sur le vide juridique dont souffre notre profession en Nouvelle-Calédonie. La convention collective des journalistes et ses textes protecteurs ne s’appliquent pas ici, nous dépendons de fait de la convention collective du commerce! Le droit du travail ayant été transféré à la Nouvelle-Calédonie, il appartient aux élus locaux (…) de légiférer pour combler cette défaillance indigne d’une grande démocratie comme la nôtre.» 

La journaliste Charlotte Mannevy s’insurge par ailleurs contre l’attitude du groupe de presse: «Nos cartes de presse ne nous ont toujours pas été envoyées. La Commission qui les délivre a bien reçu nos dossiers, mais Hersant et Tapie n’ont pas fait le versement qu’il faut pour les avoir.  On nous a dit à plusieurs reprises que c’était une carte de visite. Il faut que Bernard Tapie remplisse ses obligations légales!»