La rédaction du Gorafi: «On va s'agrandir, peut-être racheter un ou deux journaux»

MEDIAS Un rédacteur du site d'informations parodique «Le Gorafi», créé en mai dernier après trois mois de présence sur Twitter, et qui fait un carton sur les réseaux sociaux, s'est confié à «20 Minutes»...

Propos recueillis par Annabelle Laurent

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Une personne consulte sa timeline Twitter sur un ordinateur portable.
Une personne consulte sa timeline Twitter sur un ordinateur portable. — M. ANZUONI / REUTERS

On ne s’attendait pas à des réponses sérieuses. On espérait quand même récolter un peu plus que du n’importe quoi. On a finalement eu les deux [Le sérieux est surtout ici]. Conversation avec l’un des rédacteurs de la mystérieuse rédaction du site d'informations parodique Le Gorafi, qui souhaite bien sûr rester anonyme, «par respect pour [ses] lecteurs».  

>> Lire aussi: Les sites parodiques comme le Gorafi sont-ils si inoffensifs?

Vous n’êtes pas le Jean-François Buissière à la tête du Directoire du Gorafi News Network dont vous parlez ici?

Oh non, ce n’est pas moi. C’est le grand patron ça, je ne parlerai jamais à sa place, je tiens trop à mon job. Il est très secret, il ne parle pas aux médias, ce n’est pas le genre de personne à déranger. Il a le bras très long.

Combien êtes-vous à la rédaction?

On est très nombreux. On laisse volontairement un flou parce qu’on ne veut pas se faire copier par nos ennemis, et parce que nos lecteurs aiment bien ce côté global, non nominatif. La seule chose qu’on veut mettre en avant c’est le Gorafi, peu importe combien on est.

Vous êtes issus de l’univers des médias?

On joue avec les codes du journalisme, qui sont en fait des codes très simples! On reçoit d’ailleurs des CV de journalistes qui veulent intégrer la rédaction. On en reçoit au moins deux par semaine. Ils ont compris que nous étions un nouveau journal important. On va s’agrandir, on cherche des personnalités fortes pour nous rejoindre. On est les premiers surpris de l’ampleur que ça prend. Les gens apprécient nos informations, preuve qu’elles sont authentiques! On est avant tout un site d’infos, même si maintenant que vous le dites, certains de nos journalistes ont parfois des petits doutes sur ce qu’ils publient…

Comment travaillez-vous?

Comme n’importe quelle rédaction! Notre seule ambition est d’informer les gens objectivement et indépendamment. On fait des conférences de rédac, on réagit à l’actualité. Maintenant que les gens nous connaissent, ils ont des attentes, donc on se doit se réagir à tout. Ils se demandent comment le Gorafi va parler de tel ou tel sujet.

L’actu est chargée en ce moment…

Il se passe trop de choses, on a du mal à faire le tri. La viande de cheval, le pape, le Mali…  Il faudrait que ceux qui créent l’actualité, les lobbys de l’information, envisagent de mieux répartir tout ça.

Quels sont vos projets?

On étudie plusieurs options. On a commencé à rajouter des photos dans nos articles, on aimerait aussi passer à une version papier. Et on va peut-être racheter un ou deux journaux. Peut-être 20 Minutes, pourquoi pas. On verra. Pour l’instant on travaille à plein temps pour le site, on est dedans jusqu’au cou, rien que pour nos lecteurs.

Mais vous vous en sortez financièrement?

Chez nous, ce sont les journalistes qui paient pour pouvoir écrire dans le journal. Ce qui fait qu’on est le seul organisme de presse bénéficiaire en France. C’est un nouveau modèle économique dont devraient s’inspirer d’autres médias.