«Vocation Médecin»: Karine Le Marchand présente des amours d’internes

TELEVISION Deux internes ont regardé pour «20 Minutes» la nouvelle émission de M6…

Alice Coffin

— 

M6

«Vocation médecin.» C’est le nom du nouveau magazine de M6 présenté le jeudi 14 février à 20h50 par Karine Le Marchand.  Le premier épisode suit quatre internes, à Lyon (Rhône), lors d’un de leur stage à l’hôpital. Après six années d’étude, les internes sont formés pendant trois à cinq ans. 20 Minutes a montré ce premier épisode à deux d’entre eux. Morgane, interne en pédiatrie et Hélène, interne en géniatrie. Elles nous expliquent si ce reportage est conforme à leur quotidien.

 

«Si on tombe sur un interne à l’hôptial on s’inquiète», explique une voix-off en début de reportage. Sur ce point, Hélène et Morgane sont d’accord. «Les patients, et c’est normal, regardent ce qui est marqué sur notre badge, note Hélène, et lorsqu’une situation est tendue ils demandent à voir un senior.» De ce point de vue «cette émission va avoir le mérite de mieux faire connaître ce que sont les internes, estime Morgane. Sauf qu’elles estiment toutes deux que le programme «présente une réalité biaisée, d’après Hélène. On est chez les bisounours!»

Les bébés docteurs

Biaisée d’abord parce que pour une raison que Morgane ne s’explique pas, «la télé adore prendre des internes en chirurgie cardiaque ou aux urgences, c’était déjà le cas dans «Médecins en devenir» sur France 4». Le deuxième épisode amènera un peu de diversité avec des internes en anesthésie, médecine générale, et réanimation». Biaisée aussi parce qu’«alors qu’on est 60% de filles, dans le reportage il y a 3 garçons et une fille». Une fille, souligne Hélène «présentée comme nulle». De fait, les commentaires concernant cette innterne vont du «petit bout de femme courageux mais pas très sûre d’elle» au «bébé docteur».

Coquillettes au fromage fondu

Certains aspects du quotidien filmé des internes «rappellent évidemment plein de choses et font sourire, détaille Morgane. Par exemple, oui on a tous perdu les clefs de la chambre de garde pour dîner de coquillettes avec du fromage fondu, mais d’autres ne sont pas crédibles.» Exemple: «Les relations avec les chefs, s’amuse Hélène, le jour où vous voyez un chef  ne pas aller manger pour laisser son interne manger en premier ou prendre un quart d’heure pour faire un quiz de chirurgie avec son interne, prévenez-moi! Mais bon, je suppute que cela est aussi dû à la présence des caméras, cela contraint tout le monde à se présenter sous un autre jour.» 
Le quotidien hors de l’hôpital ne trouve pas davantage grâce aux yeux de Morgane. «Ah les internes qui bossent beaucoup, sont très fatigués mais dès qu’ils ont cinq minutes font une petite blague salace et boivent! Ils nous arrivent aussi d’être au lit avec un bouquin hein!»

La télévision ne fera pas la révolution

Au-delà de ces travers liés au prisme des caméras, ce qui semble plus problématique pour Morgane et Hélène, c’est explique cette dernière «cette insistance de la voix-off très pénible pour décrire des gens super ambitieux, des parcours merveilleux, et qui oublie en revanche de s’interroger lorsqu’un des internes se retrouve à bosser après sa garde. Cela aurait pu être l’occasion d’aborder le gros problème des repos de garde, mais non… » Hélène confirme que «certains débats très présents parmi les internes sont occultés. Mais bon,  j’imagine que comme ça, les spectateurs vont se dire «oh mais qu’ils sont gentils ces internes», c’est déjà ça.»