La vraie vie des flics DE «Polisse»

anne demoulin

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Victimes, suspects et témoins livrent ou dissimulent " tous leurs secrets de famille ".
Victimes, suspects et témoins livrent ou dissimulent " tous leurs secrets de famille ". — CAPA

Le film Polisse de Maïwenn mettait en scène une brigade (fictive) de protection des mineurs, Police des affaires familiales de Sam Caro et Sarah Lebas montre le quotidien d'une (vraie) brigade locale de protection des familles. Son rôle, démêler le vrai du faux.

«Une équipe soudée»


Six mois de tournage à l'hôtel de police de Caen : « Nous avons eu un vrai coup de cœur pour Laurent, Francis, Virginie, Stéphane et Michael, les cinq policiers de la brigade de protection de la famille de Caen (BMPF) », explique la coréalisatrice, Sarah Lebas. « Des personnes à la fois touchantes, investies et à l'écoute », estime-t-elle. Leur principale qualité ? « Leur capacité à douter. » Une femme au visage lacéré par son ex-conjoint, une adolescente qui dit avoir été violée par son père, des parents qui se défendent d'avoir violenté leur bébé… « La force de ces policiers, c'est de se dire simplement :»Nous allons essayer de comprendre ce qui s'est réellement passé« ». Le documentaire se construit ainsi au rythme des « comptes à rebours » que constituent les gardes à vue. « C'est compliqué de faire avouer à un père qu'il a commis un inceste », explique Sarah Lebas. Dans les bureaux, victimes, suspects et témoins se succèdent auprès des enquêteurs et livrent ou dissimulent « tous leurs secrets de famille ». Face à ces drames, l'équipe, extrêmement soudée, laisse libre cours à l'humour. Pour supporter une réalité qui dépasse de loin la fiction.

■ Une reconnaissance nécessaire

L'affiche de Polisse trône sur le mur de la BMPF de Caen. « Ce film est important pour eux. Comme pour la brigade de protection des mineurs, surnommée»brigade-biberon«, le travail de ces nouvelles brigades, créées en 2009, est souvent déconsidéré. » Celle de Caen s'occupe chaque année de plus de 450 affaires de famille.