France Télévisions retire une image d'une journaliste riant avec Gilbert Collard

MEDIAS La journaliste a expliqué à Arrêt sur Images avoir reçu des appels «étonnés ou insultants» de la part de personnes qui y ont vu le signe d'une proximité avec le député proche du FN...

A.L

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Capture de l'image du Journal de France 2 montrant la journaliste aux côtés de Gilbert Collard, par Arrêt sur images.
Capture de l'image du Journal de France 2 montrant la journaliste aux côtés de Gilbert Collard, par Arrêt sur images. — Arrêt sur Images

Comme toutes les chaînes d’infos, France 2 a diffusé un reportage sur la manifestation contre le mariage pour tous dimanche dernier. Un passage, très court, y montre Gilbert Collard, député non inscrit proche du Front National, en tête du cortège. A ses côtés, sur la droite de l’image, une femme est en train de rire, avec lui vraisemblablement. L’image est rediffusée le lendemain midi. Problème: la femme est journaliste à France 3.

Quand elle se découvre à l’image, elle demande que celle-ci soit retirée du service de rattrapage en ligne de France Télé, Pluzz. La direction accepte, et s’empresse de se justifier. Hervé Brusini, directeur des rédactions web de France Télé, publie un court texte sur France TV Info, pour répondre aux «nombreux internautes s’étant émus de la disparition» de deux éditions.

«La raison: une journaliste de France 3 qui couvrait le versant politique de la manifestation "anti-mariage pour tous" a été filmée et mise à l'antenne dans des conditions qui justifient la suppression de ces images», explique Brusini, qui assure que les éditions seront remises en ligne «après avoir opéré les corrections nécessaires».

«J’essayais de le dérider pour l’interviewer»

Sur Twitter, Christine Boutin exprime alors la pensée de certains…

A 20h50, les journaux étaient à nouveau disponibles.

Contactée par Arrêt sur Images, qui a retrouvé les images retirées, la journaliste explique avoir reçu des appels téléphoniques «étonnés ou insultants» à la suite de la diffusion du reportage. Alors qu’elle essayait simplement d’obtenir une interview du député d’extrême droite.  «Comme il n'y a pas de micro dans le champ, certaines personnes ont eu l'impression que j'étais là à titre personnel. Or, j'étais en train d'essayer de faire parler Gilbert Collard, qui m'avait répondu avec une certaine langue de bois. J'essayais de le dérider en lui demandant ce qu'il ferait s'il était à la place de Hollande. Il a rigolé, et mon JRI (caméraman) était en train de faire des plans au même moment qui n'avaient pas vocation à être diffusés», explique-t-elle.

Un cadre de France 3 admet auprès d’Arrêt sur Images s’être retrouvé devant «un choix compliqué»: «Soit nous conservions la séquence et nous nous engagions dans un grand bras de fer interne. Soit nous étions, pendant quelques heures, questionnés de toute part et soupçonnés de censure. Nous avons choisi ce qui nous paraissait le moins compliqué à gérer».