«Un style plus direct, moins médiévalisant »

benjamin Chapon

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Les scènes de sexe ont plus d'importance à l'écran que sur papier.
Les scènes de sexe ont plus d'importance à l'écran que sur papier. — N. BRIGGS / CANAL+

Alors que démarre ce soir sur Canal + la diffusion de la première saison de la série « Le Trône de fer », les aficionados de cette saga de fantasy ont déjà vu la deuxième (par des moyens plus ou moins légaux) et attendent la troisième, actuellement en tournage.

Parmi ces fans, Patrick Marcel a, en quelque sorte, déjà «vu» une hypothétique saison 5. «Je ne voulais pas commencer à lire la saga avant qu'elle ne soit terminée, raconte le traducteur français des romans de George R. R. Martin dont est tirée la série télé. Mais comme Pygmalion m'a proposé la traduction du tome 5*, j'ai bien été obligé de m'envoyer les quatre premiers… Maintenant, je suis comme tout le monde, j'attend le tome 6…»

Sexe et modernité


Patrick Marcel a commencé par regarder la série puis a lu les premiers tomes, traduits, eux, par Jean Sola. «Je n'ai pas pris en compte les traductions choisies dans la série télé, qui a sa logique propre. Ils ont décidé de garder le nom des lieux en anglais, par exemple, et d'inventer des langues, qu'ils sous-titrent, alors qu'elles n'existent pas vraiment dans les romans.» De même, Patrick Marcel s'est peu à peu éloigné de la traduction de Jean Sola : «J'ai orienté ma traduction vers un style plus direct, moins médiévalisant. George R. R. Martin écrit dans un style moderne pour que ses personnages et les situations soient compréhensibles par le public.»

Adepte de la série télé, Patrick Marcel remarque que les scènes de sexe y ont bien plus d'importance que dans les romans. «Les relations adultères entre Stannis et Mélisandre ou homosexuelles entre Renly et Loras Tyrell sont tout juste suggérées dans les romans. Et franchement montrées dans la série.» Pour Patrick Marcel, cela compense le fait qu'à l'écran, l'humour de George R. R. Martin disparaissent quelque peu. «Sans le sexe, la série serait vraiment trop sombre.» ■