Peine réduite en appel pour le correspondant de RFI au Burundi

Avec Reuters

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Le tribunal de Gitega, au Burundi, a réduit mardi en appel à trois ans de prison la peine d'emprisonnement à perpétuité infligée en juin 2012 au correspondant à Bujumbura de Radio-France Internationale en swahili. Hassan Ruvakuki, qui travaille aussi pour une station de radio indépendante burundaise, avait été condamné en première instance pour complicité dans une attaque armée commise en 2011.

Il avait été arrêté en novembre de la même année et accusé d'avoir participé à cette attaque perpétrée par des rebelles venus de Tanzanie voisine visant la ville de Cankuzo, dans l'est du Burundi. Selon le parquet, le journaliste s'est rendu complice de cette attaque en raison de son déplacement, début novembre 2011, en Tanzanie pour interviewer le responsable de ce mouvement rebelle.

Des charges requalifiées

«La Cour requalifie les charges retenues contre Ruvakuki et déclare qu'il s'est rendu coupable dans l'infraction de participation à une association formée dans le but d'attenter aux personnes et aux biens,» a déclaré le président de la cour d'appel de Gitega, Fulgence Ruberintwari.«Par conséquent, la cour le condamne à trois ans de prison» a-t-il dit devant une foule composée notamment de journalistes.

Alexandre Niyungeko, président de l'Union burundaise des journalistes, s'est déclaré choqué après l'annonce du nouveau verdict et l'un des avocats de la défense a fait savoir que son client ferait appel de la décision devant la Cour suprême. «Je ne suis pas satisfait de cette décision, même si la peine a été réduite,» a déclaré son avocat, Me Fabien Segatwa. «C'est une condamnation injuste.»

La cour d'appel a réduit les peines de prison de 13 autres prévenus accusés d'être des rebelles dans cette affaire. Dix d'entre eux ont vu leur peine réduite à trois ans de prison, trois autres ont reçu une peine de 20 ans. Pour neuf autres prévenus, la prison à perpétuité a été confirmée.