Quand Fox News explique «Gangnam Style»

MEDIA Un invité de la chaîne conservatrice compare le phénomène à une drogue...

P.B.
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«Gangnam Style» de PSY. 
«Gangnam Style» de PSY.  — Capture Youtube

Fox News embauche un psy pour expliquer PSY. Jeudi, la chaîne conservatrice s'est penchée sur Gangnam Style, la vidéo le plus vue de tous les temps, plus forte que Justin Bieber et les Lolcats, qui devrait passer le cap du milliard de clics sur YouTube mi-décembre. Bill O'Reilly, l'animateur vedette de Fox, avait invité le psychiatre Keith Ablow pour décrypter le phénomène. La version courte: la danse du cheval, c'est l'opium du peuple.

«Il y a ceux qui diront que la vidéo n'a aucune signification, que c'est juste un bon rythme et du fun. Ce n'est pas mon cas», commence le psychiatre. «Quand vous approchez un milliard de clics sur YouTube et doublez Justin Bieber, peut-être que vous mettez le doigt quelque part. Ce que révèle PSY, c'est que les gens ne veulent pas de sens. La musique la plus populaire, apparemment, est celle sans mots intelligibles.»

On espère qu'il veut dire inintelligible pour les Américains, et qu'il sait que la chanson a des vrais mots Coréens dedans et se moque des kékés de Gangnam, un quartier huppé de Séoul. Il continue. «La chanson n'essaie pas de vous convaincre de quoi que ce soit, ne joue pas sur vos émotions, n'a aucun sens, comme une drogue, en somme»

«Le petit gros»

Bill O'Reilly avoue être largué et se fâche tout rouge quand le psychiatre compare PSY, «le fils de Facebook, qui puise dans l'absence de sens», à Elvis, qui exploitait la sexualité émergente de l'Amérique. «Elvis avait une voix, ses chansons, des paroles», s'offusque O'Reilly. Avant de déraper avec des propos au mieux beaufs, au pire racistes: «Là, c'est le petit gros de Yong Yang ou de quelque part, Séoul, oui, et il saute partout.»

A la fin, l'animateur prend ses distances et estime que le phénomène n'a «rien de très dangereux». Mais le psy, lui, ne lâche pas sa thèse. Sa conclusion: «Les gens veulent s'engourdir l'esprit. C'est comme de planer!»