Ainsi soient-ils, nouvelle bible des séries françaises

alice coffin

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La saisons 1 compte huit épisodes. Une saison 2 est en écriture.
La saisons 1 compte huit épisodes. Une saison 2 est en écriture. — F. ROUSSEAU/ZADIG PRODUCTIONS

Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, Ainsi soit-il. La série d'Arte « Ainsi soient-ils », consacrée au quotidien de jeunes séminaristes et de leurs supérieurs, a-t-elle réussi la sainte Trinité des fictions télé : de bons créateurs, des incarnations crédibles et de l'esprit ?

Des créateurs originaux
Mais qui a eu l'idée de faire une série sur de jeunes apprentis prêtres ? Le producteur Bruno Nahon, qui a ensuite travaillé avec quatre acolytes. « Je suis athée, précise, l'un deux, Vincent Poymiro. J'ai travaillé en auteur de série. C'est-à-dire qu'on a tâché d'être au plus près de la réalité. » L'équipe s'est fait aider de conseillers prêtres. « Au début, on a accepté de nous aider, à différents niveaux de l'Eglise. Après, c'est devenu plus compliqué… ». « Ce n'est pas à charge, note le réalisateur Rodolphe Tissot. Mais on s'expose plus que si on parlait des boulangers. » Création originale, donc.

Des incarnations parfaites
De Jean-Luc Bideau en supérieur du séminaire à David Baïot connu des fans de « Plus belle la vie », le casting est œcuménique. Clément Manuel, acteur belge plutôt habitué au théâtre, explique que « le sujet nous a évidemment touché, pas tant le côté religieux que celui de l'engagement. Cela ne parle pas de l'Eglise mais de personnages. » Tous très crédibles et bien incarnés.

Un Esprit trop saint ?
Le sujet ne serait donc pas la foi, mais « l'humanité », estime David Elkaim, coauteur. « On aborde aussi les enjeux de pouvoir. » Ou ceux de l'homosexualité, ou encore ceux se rapprochant de séries de « transition décisive entre vie d'avant et vie d'après », dixit Bruno Nahon, dans la veine des romans ou films de formation, style Cercle des poètes disparus. Mais tout de même, le message chrétien reste très présent. D'ailleurs l'hebdomadaire catholique Pèlerin consacre sa une à la série, qui a aussi reçu le prix du meilleur film catholique du Vatican. Pas trop risqué alors que la diffusion du programme coïncide avec une période du calendrier où certains membres de l'Eglise envoient des messages plutôt archaïques ? « On n'est pas prosélyte, explique David Elkaïm. Ni angélique. Le message est là mais pape sénile, évêque avide de pouvoir, l'institution est largement dénoncée. Esprit sain et sauf.

« boule d'incertitude » (Mylène Farmer, Ainsi sois-Je)

« Ainsi soient-ils » raconte les doutes, nombreux, de cinq beauxet intelligents jeunes hommes pendant leur première année de séminaire. L'action s'y déroule « urbi et orbi ». En chapelle, en appartements lorsqueles séminaristes reviennent chez eux, ou dans les rues de Paris.