Laurence Ferrari: «La vraie révolution, c’est que je vais donner mon opinion»

TELEVISION Laurence Ferrari animera ce lundi midi son premier «Grand Huit» sur D8, nouvelle chaîne de la TNT gratuite lancée dimanche soir. Elle sera accompagnée en plateau, du lundi au vendredi à 12h , pour une heure et demie de direct, d’Audrey Pulvar, Roselyne Bachelot, Elisabeth Bost et Hapsatou Sy…

Propos recueillis par Alice Coffin

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Laurence Ferrari avant le 20 heures de TF1 du 22 août 2011.
Laurence Ferrari avant le 20 heures de TF1 du 22 août 2011. — REVELLI-BEAUMONT/SIPA

Ce n’est pas la première émission que vous lancez, si?

Non, et surtout ce n’est pas la première émission au format original, inventé, que je lance.  «Sept à Huit», «Vis ma vie», «Dimanche+» étaient toutes des créations, de nouveaux concepts. Mettre en place un projet éditorial c’est exactement ce sur quoi j’aime travailler, donc pas de hasard.

En quoi «Le Grand Huit» est un nouveau projet éditorial?

Bon d’abord, la nouveauté, c’est le bonheur de l’aventure D8 qui démarre. Appuyer sur le bouton rouge pour faire débuter une chaîne, c’est très émouvant, donc cela pimente encore plus ce départ. Quant à l’émission elle-même, c’est un concept jamais testé en France, un talk-show d’actualité à la française.

Un talk-show d’actualité ça n’a jamais existé en France selon vous?

Je ne voulais pas exactement dire cela. Quand je dis que ce qu’on va faire n’a jamais été tenté en France, c’est parce que nous on n’aura pas d’éditorialistes, on veut éviter le débat d’experts. Les personnalités qui porteront leur regard sur l’actualité ce sont nous, cinq femmes. D’ailleurs on parle beaucoup du fait qu’on est cinq femmes, on ne ferait pas ces commentaires si c’était cinq mecs.

En l’occurrence, c’est votre campagne de pub qui insiste sur «la parité» et fait des métaphores sur la femme d’intérieur…

Oui, parce que c’est évidemment un argument le fait que nous soyons cinq femmes. Parler de parité dans ce cadre est une provoc’, car on sait très bien que la parité n’est respectée nulle part . Il n’y a qu’à voir les conseils d’administration, cherchez la femme… Ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas parce qu’il est présenté par des femmes que c’est un magazine féminin. On ne viendrait jamais dire cela s’il était présenté par des hommes. C’est un magazine d’actualité.

Vous et Audrey Pulvar, ça fait deux ex présentatrices de journaux télévisés sur le plateau, ça donnera un ton un peu particulier non?

Alors, la vraie révolution c’est qu’en tant que journaliste, je vais donner mon opinion. J’ai toujours, depuis des années, essayé d’être la plus neutre possible et là cela va être totalement différent de ce que je faisais jusqu’à présent. Je vais commenter.

Et pourrez-vous plus tard revenir en arrière? Roselyne Bachelot elle a dit qu’une fois passé à la télé, elle ne reviendrait pas à la politique.

Je n’ai pas du tout l’impression de franchir le Rubicon. Alors que, oui, je doute fortement que Roselyne revienne à la politique. Pour moi c’est différent, simplement il y a plusieurs manières d’exercer le métier de journalistes. Je n’avais pas l’habitude de le pratiquer ainsi mais je pense que ce que je vais faire m’ouvrira plus de portes que cela ne m’en fermera.

Dans le dossier de presse, D8 dit «C’est une Laurence Ferrari méconnue, piquante et spontanée que nous vous invitons à découvrir en cette rentrée sur D8». Qu’est ce que c’est que cette histoire?

Euh oui, bon, ce n’est pas la nouvelle Laurence Ferrari. Mais disons que je vais pouvoir me permettre beaucoup plus de choses. Les autres chaînes demandent de se couler dans un moule, une couleur d’antenne, Canal+ jamais. C’est la deuxième fois après «Dimanche+» qu’on me dit: sois toi-même, développe une palette de registres à 360°.

Sur TF1, c’était plus compliqué?

Objectivement un JT et un talk-show, cela n’a rien à voir. L’actualité est tellement lourde, oppressante. Là je vais pouvoir avoir des bouffées d’air.

Le discours de D8 semble un peu dire que la chaîne a «la classe», s’adresse aux CSP+,vous en pensez quoi?

Moi je travaille pour tout le public. Et puis je ne crois plus en ces catégorisations. Quand on dit qu’on est la nouvelle grande chaîne, c’est exactement cela. Il n’a plus les grandes chaînes d’un côté, et puis de l’autre la TNT. Il faut oublier ce mot-là. Le public vient chercher la qualité.