France 4 veut rester «positif et utile» pour les jeunes

MEDIAS Malgré la rude concurrence et un budget serré, France 4 entend réaffirmer sa mission de service public en direction des jeunes...

Joël Métreau

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Elodie Gossuin, Miss France 2001, travaille comme chroniqueuse pour France 4 pendant le Dakar. Le janvier 2011 à Calama (Chili).
Elodie Gossuin, Miss France 2001, travaille comme chroniqueuse pour France 4 pendant le Dakar. Le janvier 2011 à Calama (Chili). — E.Gaillard/REUTERS

On reste po-si-tif! La crise économique? L'arrivée triomphale de D8 sur la TNT? Un budget maigrichon de 43 millions d'euros (2% de celui de France Télévisions)? La chaîne généraliste France 4 pour les jeunes («les moins de 40 ans») faisait ce lundi matin sa conférence de presse de rentrée. A petit budget, grandes idées? «Il faut faire preuve d'imagination, sans faire une télé branchée. Jusqu'à l'an dernier, il y avait un côté brouillé de notre image, explique Emmanuelle Guilbart, directrice de France 4. On a voulu resserrer la proposition.»

Vade retro NRJ12-W9. Le service public, c'est du «populaire» certes, mais aussi du «qualitatif». Pas de C'tis à Mykonos, pas de bimbos, pas de «Tellement Vrai». «Nous ne ferons pas de magazines sensationnalistes et de téléréalité», assène Emmanuelle Guilbart. «On ne veut pas être dans des trucs artificiels de la télé certes, mais le problème d'être ancré dans le réel, ça peut être de n'évoquer que les problèmes» Donc il faut montrer des «talents qui émergent», des «coups de pouce à donner». On est po-si-tif et «utile» chez France 4. Comme Elodie Gossuin, qui anime «Un coach pour changer ma vie», «une émission optimiste et qui fait croire en la vie», précise-t-elle.

Un 93 faubourg Saint-Honoré version 9-3 ?

Du côté des magazines, France 4 va aussi «franchir le périph». Un peu maladroit comme formule pour une émission qui se rend en banlieue? «Malheureusement, c'est un peu la réalité, explique Emmanuelle Guilbart. Car personne ne l'a jamais fait. Ali Rebeihi et son équipe connaissent bien le sujet. Nous, on veut faire parler les jeunes, les écouter et voir ce qu'ils ont dans le ventre.» Ça tombe bien, l'émission s'appelle «Viens dîner dans ma cité». Un «93, Faubourg Saint-Honoré» version «9-3»? Premier invité, qui n'aura pas besoin de franchir le périph, puisqu'il est maire de Meaux (Seine-et-Marne): Jean-François Copé.

Afin d'être davantage «connecté à l'actualité», France 4 se met à l'écoute du buzz et pratique le décryptage, comme l'une de ses émissions phares, qui se déroule en direct et en public de 19h30 à 20h30. «Attention, le hashtag dans le titre est très important», précise Sandrine Roustan, directrice des programmes. Donc «#Faut pas rater ça!», présenté par Florian Gazan et Anicet Mbida. «On va parler de tout ce qui fait le buzz sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, ça aurait pu être Lady Gaga, Marine Le Pen, l'iPhone 5», explique Florian Gazan, qui mentionne son CV: «Il y a dix ans, j'ai fait «3x Net» sur France 3 

Un nouveau télécrochet

A part Internet, France 4 va aussi se nourrir de la télé. Parmi les anthropophages du petit écran: Eric Dussart, qui  va «espionner toutes les chaînes de la télé» et Bruno Guillon, avec «Fidèles au poste!», en remplacement de «Touche pas à mon poste». Cyril Hanouna est parti sur D8 avec sa bande? Une autre lui succède.

Pour France 4, la culture des jeunes, ce sont des séries SF (sa propre production «Metal Hurlant» et le britannique «Doctor Who»), mais c'est d'abord musique, cinéma et spectacles. Tant pis pour le jeu vidéo, le manga, la BD, la littérature... De nouveaux visages représenteront la culture: Amanda Scott, découverte lors d'un casting en juin dernier, et Luigi Li, issu du Jamel Comedy Club. Côté musique, l'émission «Monte le son» est reconduite pour une nouvelle saison. Mais elle quitte le plateau pour investir les concerts et festivals. Et France 4 part aussi en live avec un télécrochet: «Qui chante le plus juste?» Fera-t-il de l'ombre à «Nouvelle Star» de D8? «Chez nous pas de château, ni de jury qui coûte cher, mais un ordinateur qui mesure la justesse des voix.» André Manoukian, prends garde à ton job.