Laurent Delahousse: «Yves Mourousi, c’est mon enfance télévisuelle»

TELEVISION «Un jour, un destin», mercredi à 22h20 sur France 2, est consacré à Yves Mourousi, présentateur star du JT dans les années 70 et 80…

Alice Coffin

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Yves Mourousi sur le plateau de TF1 avant un debat télévisé avec Francois Mitterrand, en avril 1985.
Yves Mourousi sur le plateau de TF1 avant un debat télévisé avec Francois Mitterrand, en avril 1985. — TORREGANO/SIPA

Mercredi soir sur France 2, deux présentateurs de JT discutent d’un autre présentateur de JT. Laurent Delahousse, présentateur de  France 2 et d’«Un jour, un destin» parle avec Patrick d’Arvor, ex du 20h de TF1, d’Yves  Mourousi, ex du 13h de TF1, à qui l’émission est consacrée. Ils évoquent l’«addiction à la notoriété» ou «la fragilité qu’apporte la présentation d’un grand journal».

Psychanalyse de prompteur entre présentateurs? Pas loin, puisque Laurent Delahousse explique qu’Yves Mourousi c’est son «enfance télévisuelle . «Il m’a donné envie de faire ce métier, note-t-il. Il était extraordinaire dans sa manière de présenter le journal. Même s’il était complètement dans la personnalisation. Moi j’ai lutté contre la personnalisation, mais forcément on finit par imposer une patte, un ton, une personnalité. Sans le revendiquer je le vis mieux qu’avant.»

Pas de tabou homosexuel

On conseille quand même à Delahousse de ne pas suivre à la lettre le modèle Mourousi. Car «Un jour un destin» raconte comment le journaliste arrive parfois dix minutes avant le JT, s’arrange un jour de février 88 pour obtenir une interview de Mitterrand dans le seul but de sauver son poste menacé par la nouvelle direction de TF1. «Sa désinvolture et sa liberté de ton l’ont parfois conduit à mettre en avant la mise en scène de l’info et à oublier l’information elle-même», précise Delahousse.

Patrick Le Lay, patron de la Une et donc de Mourousi à partir de 1987, commente d’ailleurs ces événements de  manière «cash et avec une parole très libérée», dixit Delahousse. Il analyse avec Michèle Cotta, Hervé Bourges, Marie-Laure Augry et nombre de figures du PAF de l’époque la trajectoire de Mourousi. Pas d’impasse cette fois sur ce que l’émission appelle «les tendances homosexuelles» et le côté «garçon en cuir et lunettes noires» de Mourousi. Le silence sur le sujet du «Un jour un destin» consacré à Thierry Le Luron avait fait débat. «C’était pour des questions juridiques par rapport à la famille de Le Luron», rappelle Delahousse. Cette problématique ne devrait pas émerger lors du  prochain numéro d'«Un jour, un destin», qui, sera, lui, dédié à Bernadette Chirac.