Antoine de Caunes: «L'influence anglo-saxonne des séries a été déterminante»

TELEVISION Le réalisateur préside le jury du 14ème festival de fiction TV qui s'ouvre à La Rochelle ce mercredi...

Propos recueillis par Alice Coffin

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Antoine De Caunes
Antoine De Caunes — BALTEL / SIPA

Une trentaine d'oeuvres, séries ou téléfilms français, sont en compétition au 14ème festival de la fiction TV de La Rochelle. Un rendez-vous qui est aussi un lieu de rencontres entre fans et acteurs ou actrices des séries. D'ici dimanche sont attendus Cour des Dames, sur le port de La Rochelle, 1.800 professionnels, 25.000 spectateurs et, donc, Antoine de Caunes, le président du jury.

Vous avez déjà pratiqué l’exercice de président du jury?

Une fois à Deauville pour le Festival du film asiatique. Et puis j’ai beaucoup été juré. J’adore l’ambiance d’un festival. Pendant trois jours, on va bouffer de la fiction à haute dose. Cela m’aurait moins intéressé il y a une dizaine d’années mais là, ça bouge tellement dans la fiction!

Cela dépend sur quelles chaînes, non? A La Rochelle se côtoient Arte, Canal, France Télévisions, TF1, toutes ne produisent pas les mêmes choses…

C’est ce qui rend l’exercice intéressant et difficile. J’ai déjà vu une quinzaine des œuvres qui sont présentées et le spectre est effectivement très, très large. De la fiction classique, populaire de TF1 à une série pointue et décalée d’Arte et Canal+. Mais il y a pas mal de catégories donc suffisamment d’opportunités de remettre des prix. Et puis, j’attends justement beaucoup de tout ce mélange.

Et vous vous situez où dans cet éventail?

Moi j’ai toujours été surpris de constater que justement pendant les festivals, qui sont un carrefour où les gens qui font le même métier se croisent, je devenais pote avec certains qui étaient à l’autre bout de la chaîne alimentaire que moi. Cela fonctionne beaucoup comme cela aussi dans les festivals de cinéma, ce sont des occasions de se mélanger un peu.

Vous parlez de cinéma, vous avez réalisé des films sortis en salle et puis l’an dernier un téléfilm pour Canal+. C’est la même chose?

Je me suis frotté aux contraintes de tourner en 25 jours, je sais ce que c’est et il y a une vraie différence. Le cahier des charges n’est pas du tout similaire, même si maintenant plein de films sont réalisés avec des budgets de téléfilms. Et puis la situation du public diffère beaucoup. Au cinéma, il est captif; à la télé, il y aura toujours le petit qui se réveille. Mais ce qui est sûr, c’est que ça ne change pas grand-chose à la narration.

Justement, vous sembliez vanter les progrès de la fiction télé…

Oui, on prend plus de risques dans la narration, on va chercher des sujets plus tordus qu’auparavant. C’est moins une télé à son pépère. L’influence anglo-saxonne des séries a été déterminante.

Vous passez votre temps sur Twitter à commenter les titres du Monde, de l’AFP ou d’autres médias. Vous allez aussi tweeter le festival?

Ah non justement, ça va me désintoxiquer pendant que je serai en projection. C’est un peu addictif et chronophage comme activité, mais bon c’est ça ou les mots croisés de toute façon, alors… Je trouve en fait l’exercice très rigolo, et la contrainte des 140 signes riche de possibilités, et je m’amuse comme un gamin!