A Marseille, les tunnels de la polémique

SOCIETE Depuis un an, plusieurs camions hors gabarit se sont encastrés à l'entrée des tunnels de la cité phocéenne. La mairie et la communauté urbaine se renvoient la patate chaude...

Mickaël Penverne

— 

Le Vieux-port de Marseille.
Le Vieux-port de Marseille. — SIPA

Après les accidents qui se sont répétés aux entrées des tunnels marseillais, la mairie (UMP) et la communauté urbaine (PS) se renvoient la balle à coups de communiqués cinglants. De chaque côté du Vieux-Port, on s'accuse mutuellement de ne pas prendre ses responsabilités. Classique. Les automobilistes, eux, en sont réduits à compter les points de cette partie de ping-pong. Et à fulminer au milieu des embouteillages.

Le 9 août dernier, il est environ 8h quand un poids lourd de 38 tonnes immatriculé en Bulgarie s'encastre dans le tunnel du Vieux-Port. Pris dans le plafond de l'ouvrage d'art, le camion déverse sur la chaussée une partie de sa cargaison: plusieurs dizaines de bocaux de tomates jonchent alors le bitume. L'accident, qui n'a pas fait de victime, provoque un énorme embouteillage dans l'ensemble de la ville. Le chauffeur, lui, s'en tire avec une bonne amende.
 
Un scénario qui se répète
 
Le même scénario s'est produit début juillet. Lui non plus n'a pas vu, ou tenu compte, de la hauteur limite. Pourtant, une énorme barre de 300kg alerte les poids lourds du danger. Cela n'a pas suffi au camion frigorifique qui, vers 11h30, se dirige vers Aubagne en empruntant le tunnel Prado Carénage. Résultat, 1,5km d'installations câblées détruites. Et une remorque décapitée. Ironie de l'histoire, ce jour-là, la société de GPS Tom-Tom classe la cité phocéenne en seconde place des villes les plus embouteillées d'Europe, après Varsovie.
 
En juillet 2011 déjà, des milliers d'automobilistes s'étaient retrouvés bloqués pendant toute une matinée sur la passerelle d'Arenc à cause d'un poids lourd qui n'avait pas respecté, lui non plus, les gabarits. En voulant s'engager dans le tunnel de la Joliette, il avait arraché une partie des panneaux de signalisation. Depuis un an, le scénario se répète régulièrement. Avec à chaque fois, la même pagaille sur les routes.
 
Les gaules sont pliées
 
Pour Laure-Agnès Caradec, adjointe à la mairie de Marseille et présidente du groupe UMP à Marseille-Provence Métropole (MPM), le responsable de ces incidents à répétition est tout trouvé: «Je constate que la communauté urbaine nʼa pas su tirer les leçons des incidents précédents (...). Pour une meilleure compréhension de la part des chauffeurs de poids lourds ne maîtrisant pas toujours la langue française, MPM doit mettre en place des obstacles physiques bien en amont des voies d'accès aux tunnels».
 
Réplique immédiate d'Eugène Caselli, président socialiste de la communauté urbaine: «Il appartient au maire de Marseille, Jean Claude Gaudin, y compris avec l’aide des autorités préfectorales, d’exercer ses pouvoirs de police afin de limiter la circulation des poids lourds sur l’ensemble du réseau de voirie de la commune (…). MPM ne peut donc accepter la polémique sur un sujet aussi important et demande que chaque acteur institutionnel prenne ses responsabilités ».
 
L'affaire, pour l'instant, en est là. Contactées, les deux collectivités se bornent à répéter que tout le monde a plié les gaules pour partir en vacances. Les automobilistes sont donc priés d'attendre la rentrée pour espérer un début de solution. A moins d'un nouveau camion encastré d'ici là.