Renaud Muselier : «Je suis ceinture noire de karaté»

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Interview de Renaud Muselier, premier adjoint (UMP) au maire de Marseille.

Nous sommes au « Nul part ailleurs », un signe de la part d'un infatigable défenseur de Marseille ?

Surtout un signe de fidélité envers de vieux amis.

Nous sommes aussi en face de la mairie, bientôt votre tour ?

J'y suis déjà.

Je parlais de changer de fauteuil...

Je suis prêt pour être maire. Mais ce n'est pas le fauteuil qui m'intéresse, c'est de modifier la ville. Et puis, il n'est pas libre.

Il paraît que vous faites du karaté...

Je suis ceinture noire, 2e dan. J'ai pratiqué pendant près de quinze ans.

Ouah ! Mais ça n'a pas fait peur à ceux qui ont brûlé votre permanence, un groupuscule d'extrême gauche selon vous...

Oui, avec menaces de mort. C'est plus que symbolique. Il y a une revendication pour des motifs nationaux, qu'il faut prendre au sérieux.

Vous aimez l'été, où le passez-vous ?

Jusqu'à maintenant, j'ai toujours travaillé, encore plus quand j'étais au gouvernement (secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères de 2002 à 2005). Cette année, je vais profiter de ma famille.

Pas de virées prévues entre potes ? Avec votre Harley ?

Ce n'est pas incompatible...

Mais vous préférez le tramway (quelle transition !)

C'est un dossier essentiel pour l'avenir de la ville. Il faut expliquer, proposer, faire adhérer et réussir. On en est à la dernière phase.

Quand vous étiez aux Affaires étrangères, vous avez dit : « Villepin fait tout, je fais le reste. » C'est pas pareil avec Jean-Claude ?

Je l'ai souvent entendu dire l'inverse !

Qu'avez vous envie de réussir pour Marseille ?

J'ai envie que « notre » équipe réussisse. J'ai envie que ma mère, ma femme, mes enfants soient heureux ici, en fait comme tous les Marseillais.

Vous êtes plutôt beau gosse, vous en jouez en politique ?

A la dernière élection où j'étais candidat, les régionales de 2004, je n'ai pas gagné. Ce n'est pas la clé du succès...

Chirac vous a chargé de vous occuper des Français de l'étranger. Les étrangers de France, c'est un sujet qui vous préoccupe ?

On a beaucoup de chance de vivre en France. C'est un grand pays. Tous ceux qui adhèrent à ses valeurs, sont les bienvenus. Dans le cas contraire, ce n'est pas à nous de nous adapter.

Lors des élections régionales, vous vous disiez « fils de Provence ». Pourtant Marseille se remplit chaque jour de « non-Marseillais » ?

Je suis né ici ! Je suis fier de ma culture. Je n'ai pas fait l'ENA et je n'aurai jamais l'accent pointu, alors ?

Entre Chirac et Sarkozy, votre coeur balance encore ?

J'ai toujours été chiraquien, j'aime cet homme. Mais je ferai le choix de la raison, je soutiendrai mon camp.

Si c'était vous le journaliste, vous demanderiez quoi à Renaud Muselier ?

« A quel moment les sacrifices et les efforts que vous consentez vaudront-ils la peine ? »

Et la réponse ?

Quand ce que j'ai entrepris, en politique comme pour ma famille, portera ses fruits.

Recueilli par Laurent Berneron