Marseille-Provence 2013: Michel Onfray dirige l'exposition sur Albert Camus

Mickaël Penverne

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Michel Onfray dans «La Grande Librairie» de François Busnel, sur France 5, le 5 janvier 2012
Michel Onfray dans «La Grande Librairie» de François Busnel, sur France 5, le 5 janvier 2012 — LAMACHERE AURELIE/SIPA

C'est l'épilogue d'un psychodrame. Le philosophe Michel Onfray a accepté d'être le commissaire d'une exposition sur Albert Camus qui se déroulera dans le cadre de Marseille-Provence 2013 à Aix-en-Provence. L'événement, qui démarrera le 7 novembre, jour du centième anniversaire de la naissance de l'écrivain, devrait s'intituler «Camus, l'homme révolté». Il constituera le troisième volet d'un triptyque, dont les deux premiers opus s'intitulent «Camus et la couleur» et «Camus et les essais». L'exposition devrait se tenir dans la Cité du Livre de la ville.

L'écrivain et pas l'engagé

Auteur de L’ordre libertaire: la vie philosophique d’Albert Camus, Michel Onfray a rencontré il y a quelques jours la maire d'Aix, Maryse Joissains, ainsi que la fille du romancier, Catherine Camus, à qu'il a soumis un «projet et un synopsis centrés sur la vie et la pensée» de l'écrivain. Selon la municipalité d'Aix, l'exposition proposera «un regard sur les multiples facettes du personnage en élargissant le propos tel qu’il avait été initialement envisagé autour d’une inscription purement historique de sa vie et de son œuvre».

Michel Onfray succède ainsi à l'historien Benjamin Stora, spécialiste de la guerre d'Algérie. En mai dernier, l'exposition sur laquelle il travaillait depuis deux ans, et qui devait être un des temps forts de Marseille-Provence 2013, avait été annulée brutalement. Officiellement parce que Catherine Camus, qui gère l’œuvre et le fonds de son père, n'avait pas reçu dans les délais la liste des documents requis pour l'événement. Selon d'autres sources, elle aurait surtout préféré que l'exposition mette l'accent sur Camus l'écrivain, et non sur Camus, l'intellectuel engagé.

Le musée, une idée

Cette fois, apparemment, le faux pas a été évité. «Catherine Camus a lu le fil conducteur de Michel Onfray et elle a donné son accord, indique Sophie Joissains, sénatrice des Bouches-du-Rhône et adjointe à la culture à la mairie d'Aix. Le précédent projet mettait l'accent sur la confrontation entre l'histoire et la pensée d'un homme. Cette fois, il est question davantage de l'intemporalité et le suivi d'une pensée. Le parti-pris est un peu différent, ce qui n'enlève rien à la qualité du projet de Benjamin Stora. Mais ce ne sont pas les mêmes personnalités, ni les mêmes questionnements.» L'élue l'assure: Michel Onfray a «carte blanche».

Dans un communiqué, le philosophe précise ne pas vouloir commenter «les raisons pour lesquelles Benjamin Stora, dont j'estime l’œuvre impeccable (...), n'est plus en charge de ce projet». En revanche, il précise avoir accepté cette direction «dans la mesure où il préludait à la pérennisation de ce travail dans un Musée Albert Camus» à Aix-en-Provence. Ce qu'a accepté Maryse Joissains. « Rien n'est calé, précise aussitôt Sophie Joissains. On est partant parce que l'idée est magnifique mais elle n'est pas encore matérialisée.»