Marylise Lebranchu «sécurise» les fonctionnaires

Mickaël Penverne
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Marylise Lebranchu a confirmé qu'il n'y aurait pas de suppression de postes dans la fonction publique cette année.
Marylise Lebranchu a confirmé qu'il n'y aurait pas de suppression de postes dans la fonction publique cette année. — CHESNOT/SIPA/1207251307

 

Petite séance de calinothérapie. Après Saint-Étienne, la ministre de la Fonction publique et de la Décentralisation, Marylise Lebranchu a fait escale ce mercredi à Marseille pour rencontrer les fonctionnaires, quelques directions d'administrations et les syndicats. Avec pour objectif principal de «sécuriser» tout le monde: «Je ne veux pas créer de nouveaux bouleversements», a-t-elle déclaré d'emblée.

 

La RGPP aux oubliettes

 

Si la ministre a martelé ne pas vouloir «tout remettre en cause pour ne pas ajouter du désordre au désordre», elle a confirmé que la révision générale des politiques publiques prenait la direction des oubliettes. Lancée par le gouvernement de François Fillon pour faire des économies, la RGPP a abouti à une réorganisation des services administratifs mais aussi à des milliers de suppressions d'emplois. «Je ne conteste aucune réforme qui a été faite par le passé mais je conteste la méthode très arithmétique, a-t-elle expliqué. On n'a pas pris les moyens et le temps nécessaires à cette réorganisation.»

 

Fin du dogme

 

Selon Marylise Lebranchu, la RGPP a abouti à une «forme de désorganisation» des services déconcentrés de l’État et a été vécue comme un traumatisme par les fonctionnaires. Pour apaiser les esprits, la ministre s'est donc engagée à ne plus dégraisser : «Il y a eu environ 13.000 suppressions de postes l'année dernière. Cette année, il n'y en aura pas.» Et à l'intention des syndicats, elle a annoncé la fin du «dogme» de l'externalisation qui consiste à confier au secteur privé des tâches normalement gérées par l’État.

«Elle veut donner la priorité au service public, c'est très bien», reconnaît Patrick Rué, de Force ouvrière, qui a soumis la ministre à une batterie de revendications sectorielles: sur la police municipale, le service minimum, le personnel hospitalier, les crèches, etc. «On l'a interrogé aussi sur la réforme des collectivités territoriales. Bon là, on est dans le flou le plus artistique. C'est un changement de méthode, c'est sûr. Mais il faudra voir les résultats.»

 

Ni déçu ni optimiste

 

Même scepticisme du côté de Solidaires 13, qui s'est présenté avec une liste de demandes très précises: sur les salaires, l'évolution des carrières, la parité homme-femme, la suppression du jour de carence... Résultat mitigé à la sortie de la réunion: «On ne sort pas déçu mais on ne sort pas non plus optimiste, déclare Gérard Avena. Pour l'instant, ce ne sont que des intentions. Maintenant, il faut dépasser les postures.»

 

Élections

 

Marylise Lebranchu a confirmé que les élections municipales se tiendront en 2014. En revanche, les élections cantonales et régionales seront repoussés. Leur mode de scrutin pourrait être également révisé.