Notre Bonne Mère, qui êtes au mieux

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Avec un million de visiteurs par an, Notre-Dame de la Garde caracole en tête des sites les plus fréquentés de Marseille, le seul endroit de la ville où s'offrir un mini tour du monde.

7h. La Bonne Mère s'éveille. Un gardien ouvre le portail barrant l'accès. A la première messe de 7h30, il y a beaucoup de Marseillais et quelques pèlerins d'Europe Centrale qui «font» les principaux sites religieux de France. La basilique en fait partie.

9h. L'heure des groupes, pour la vue vantée par les tours-operators. «La vague touristique s'est amorcée en 1995, avec le boom des croisières» rappelle le père recteur Antoine Bertochi. «Le samedi, il y a jusqu'à 25 bus en stationnement».

13h. Aïoli ou calamars ? La cafétéria est tenue par quinze religieuses, africaines et asiatiques, en mission pour un an. « Beaucoup de touristes finissent par mettre un cierge » raconte Chantal, du Burkinabé. « Je vois même des musulmans venir prier ici ».

15h. « Je voulais aller à la Vierge » : Léo, 4 ans, est venu avec son papy. Il repart avec une Bonne Mère en boule de neige (4,70 E), l'article le plus vendu de la boutique. Chiffre d'affaires : top secret. Nouveauté 2006 : la chope de bière.

17h. En cours de restauration, la basilique (en haut) est fermée. Les fidèles se réfugient dans la crypte (en bas) pour prier. Une vieille dame s'énerve contre un Américain portant casquette et caméra. « Your chapeau, your chapeau ! » Il l'enlève. Et continue de filmer.

19h. Deux gardes font le tour avant la fermeture. Depuis l'été dernier, ils verrouillent aussi la grille du belvédère. « Trop de chahut » se souvient le père recteur. « Drogue et prostitution» dénoncent les riverains.

21h. La vierge à l'enfant s'illumine comme tous les soirs depuis 1864. Depuis, la renommée de l'icône marseillaise a traversé les mers. En 2003, un missionnaire a trouvé sa photo dans une tribu papoue.

G.I.