Capoeira de marée sur le sable

©2006 20 minutes

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« La nuit est chaude, elle est sauva-age ! » Un vieux tube inoubliable des années 1980 retentit au « Prophète beach », qui va bientôt baisser le rideau. Il est 20 heures sur la plage du Prophète, on plie les parasols, on ferme les glacières, direction la maison. D'autres, pour qui la soirée ne fait que commencer, s'installent. Au bord de l'eau, le berimbau, instrument brésilien à une seule corde, commence à vibrer. Un groupe se forme, déjà habité par le rythme entêtant des percussions. Deux par deux, on « joue », on exécute des figures. Voilà les Filhos de Angola, les fils d'Angola, une des quatre écoles officielles de capoeira à Marseille. Ils ont choisi de fêter ici, ce soir, avec qui voudra, la fin du stage d'été.

Les baigneurs, dans l'ensemble, sont ravis de cette animation surprise. Christine et son mari Felipe étaient sur le départ, en guerre avec quelques moustiques. Fasciné par le tempo et les mouvements à la tombée de la nuit, le couple s'est arrêté net. Jean-Baptiste, la soixantaine, est un peu en colère d'avoir dû plier sa table et ses chaises devant l'arrivée massive des danseurs : « Je ne suis pas contre, mais ils pourraient avertir, histoire qu'on s'organise. L'autre fois, on a vu débarquer une chorale, on est restés comme des abrutis ! » Quoi qu'il en soit, la fête bat son plein : les corps ondulent, les chants font tourner la tête, le barbecue est presque prêt. « Marseille, c'est la ville la plus brésilienne que je connaisse ! Ici, au bord de l'eau, c'est vraiment magique », s'emporte Camaleon, maître du groupe. « Il y a la même énergie qu'au Brésil ! Dans la capoeira, c'est vraiment le côté animal de l'homme qui ressurgit », explique Bernard, Macao Braco pour les initiés. Au-dessus, sur la Corniche, les passants, enthousiastes, se serrent. Chaude et sauvage la nuit, on l'avait prédit.

Sarah Marengo