Le FID poursuit sa petite bobine de chemin

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Cinquante pays représentés, «des films innovants qui posent un vrai regard critique sur le monde », le Festival international du documentaire (FID), qui s’ouvre dès demain à Marseille, affiche de grandes ambitions. Le fait qu’il n’est désormais plus accompagné du marché du film Sunny Side of theDoc ne préoccupe pas le délégué général, Jean-Pierre Rehm : « Acheteurs et diffuseurs internationaux continuent de venir. Et vu nos modestes moyens, je suis surpris de la réputation locale, nationale et internationale acquise par le FID. » Avec de multiples partenariats locaux (Radio Grenouille, l’Alcazar, le CRDP, le cinéma les Variétés, des galeries d’art, etc.), ce festival paraît bien ancré dans la cité phocéenne. Reste que parmi les 124 documentaires programmés, bien peu concernent Marseille. « C’est une ville très
difficile à filmer. Sapopulation bouillonnante a quelque
chose de rebelle au cadre », avance Jean-PierreRehm. Seul La Traversée, film déjà primé dans un autre festival, a été retenu pour une projection. En posant sa caméra devant des passagers du ferry Alger-Marseille, la réalisatrice traite de l’émigration et
de l’exil. Pour Elisabeth Leuvrey, le FID constitue une opportunité de montrer son film à Marseille. Mais elle souhaite toucher le plus large public possible. Dans cette optique, des collaborations avec des associations sont prévues afin que le film soit diffusé dans les quartiers.

Anouk Batard