Stéphane Lhomme: "Les Etats-Unis ne vont pas ratifier l'accord"

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3 questions à... Stéphane Lhomme, porte-parole du Réseau Sortir du Nucléaire

Quel bilan tirez-vous de ce débat public ?

Il n’y a pas eu de débat ! La seule chose que l’on a vraiment apprise, c’est le jour où le représentant de l’Union européenne a dit, à l’occasion d’une des dernières réunions publiques, que l’accord n’avait toujours pas été ratifié par les différents partenaires. L’opinion publique a été abusée. On ne nous a rien dit quand dès le début, nous avons manifesté contre ces réunions [les militants du réseau ont empêché la tenue de la première réunion publique, ndlr], alors que l’on aurait justement pu faire ce débat public sur la question : faut-il ou non construire le réacteur ?

Retenez-vous tout de même quelque chose de ces consultations ?

Le reste, on le savait déjà. Comme disent les physiciens : la fusion nucléaire est une énergie d’avenir et le restera toujours ! L’important, c’est cette question de la ratification par les Etats partenaires, car elle est loin d’être acquise. Nous avons de fortes raisons de penser que les Etats-Unis ne vont pas ratifier l’accord car ils ont des projets similaires qu’ils souhaitent développer chez eux. Or, si des pays ne ratifient pas l’accord, c’est le pays d’accueil, à savoir la France, qui paye la différence…

La concertation publique autour du projet continue. Allez-vous y assister ou appelez-vous au boycott ?

Non, nous allons au contraire aller voir les gens pour les informer. Ces consultations sont une occasion de faire voir à l’opinion publique quelles seront les conséquences du projet Iter en terme de nuisances. On nous annonce des retombées merveilleuses au niveau économique pour la région, mais ce ne sont pas les gens ordinaires qui vont en profiter. En revanche, ils subiront les nuisances !

Propos recueillis par Stéphanie Harounyan