Christophe Madrolle : «J'adore rouler les cheveux au vent»

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Interview de Christophe Madrolle, président du groupe Verts au conseil municipal de Marseille.

Nous sommes à la plage de la Maronnaise, fermée pour cause de pollution. Ça vous énerve ?

Ça arrive dans une ville d'un million d'habitants. Mais la municipalité est en train de moderniser le collecteur d'eaux usées de Cortio, ce qui permettra de limiter ce genre d'incident. Globalement, les plages de Marseille sont propres.

En parlant de ça, vous aimez regarder les filles qui marchent sur la plage ?

J'ai du mal avec les plages surpeuplées. Je suis plutôt calanques.

Ce n'était pas la question...

OK, c'est vrai que je ne suis pas de marbre quand je vois une jolie femme en maillot brésilien.

Ah ! Brésilien. Mais vous êtes plutôt palmes, masque et tuba.

C'est vrai. J'ai la chance d'avoir un bateau, alors je vais souvent plonger au Frioul et dans les calanques.

Vous êtes venu à moto. D'accord, on est aux Goudes. Mais vous ne prenez pas les transports en commun ?

J'adore rouler les cheveux dans le vent ! Non, sérieusement, le deux-roues c'est le moyen le plus facile de se déplacer à Marseille. Et je ne suis pas un ayatollah des transports en commun. Je les utilise de temps en temps.

Etonnant pour un Vert, non ?

Attention, je suis pour une vraie politique de transport en commun. Des bus en voies protégées sur le Prado et le boulevard Sakakini, les 100 km de piste cyclable promis par la majorité...

Vous avez dit que vous serez la tête de liste des Verts aux municipales de 2008. C'est mal passé chez certains camarades...

Non. La motion que j'ai présentée pour ma candidature il y a un mois a recueilli 83,5 % des suffrages. Je considère que ça ne s'est pas mal passé.

La porte-parole des Verts vous a quand même rappelé à l'ordre.

C'était en novembre, quand j'ai commencé à en parler. A l'époque, certains pouvaient penser que leur candidature était légitime. De toute façon, on décide officiellement en septembre.

Vous proposerez quoi pour Marseille ?

Il faut arrêter de vendre systématiquement des terrains à des promoteurs privés. Il faut d'abord réquisitionner les logements vacants et réhabiliter ceux qui sont insalubres. Puis instaurer une politique d'urbanisme qui prenne en compte le cadre de vie : l'accès aux crèches, aux écoles, aux transports. Il faut penser aux habitants, et non en termes de rentabilité financière.

Qu'est-ce qui vous énerve vraiment ?

Le cas des sans-papiers. Ce sont des gens qui sont installés en France depuis des années, qui travaillent, qui ont scolarisé leurs enfants... et on leur dit de rentrer chez eux. Je trouve cela scandaleux, injuste. Bientôt on va leur demander de porter une étoile jaune !

Si c'était vous le journaliste, vous poseriez quelle question à Christophe Madrolle ?

Etes-vous heureux ?

La réponse ?

Oui.

Recueilli par Laurent Berneron