La police ferroviaire va bon train

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Posté au fond de la voiture, Philippe Le Bozec, gardien de la paix, observe tranquillement le contrôleur faire son travail. « Je n'interviens qu'en cas d'infraction constatée. Ce n'est pas la même chose que sur la voie publique : ici, l'espace est confiné, il y a des clients, il faut être discret. » Depuis février 2006, les patrouilles du SISTC (Service interdépartemental de sécurisation des transports en commun) travaillent dans les gares, l'ensemble du réseau ferré de Paca et dans le métro marseillais. « Avant, on intervenait au cas par cas. Certaines gares étaient mal fréquentées, on a réussi à faire le ménage », explique le commandant Frédéric Martin, chef du SISTC. Créé en septembre 2005, ce service était, jusqu'en début d'année, limité aux Bouches-du-Rhône. Après l'affaire du train de la Saint-Sylvestre Nice-Lyon et ses agressions de voyageurs, ses pouvoirs ont été étendus, sans pour autant modifier ses effectifs.

En moyenne, le service effectue 165 interpellations par mois pour le réseau ferré, surtout des vols à la tire, avec violence ou des dégradations. « On fait aussi beaucoup de social : enfants égarés, objets perdus, voyageurs qui ne descendent pas à la bonne gare... Notre présence rassure les agents SNCF et le public », rappelle le brigadier-chef Jean-Luc Rogeret. Des voyageurs plutôt rassurés, mais qui doutent parfois, comme Gaël, « que la répression soit la bonne solution », gêné par « cette ère du tout Sarkozy ». Le SISTC qui n'existe qu'à Marseille, Lyon et Lille, pourrait être étendu à tout le pays.

Sarah Marengo

Au total, 45 agents du SISTC sont affectés à la RTM et 60 sur le réseau ferré régional. Soit 2 300 km de voies, 700 trains par jour dont 60 % de TER, 143 gares et 17,4 millions de voyageurs par an.