Une visite sans la Valls des annonces

mickaël Penverne

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« C'est une ville qui est chère à mon cœur », a déclaré Manuel Valls à son arrivée lundi après-midi à la gare.
« C'est une ville qui est chère à mon cœur », a déclaré Manuel Valls à son arrivée lundi après-midi à la gare. — p. magnien / 20 minutes

Il est arrivé en train. Comme un ministre « normal ». Le nouveau locataire de la place Beauvau, Manuel Valls, est venu lundi à Marseille pour sa première visite en région. Contrairement à son prédécesseur, il n'a pas attendu un énième faits-divers pour débarquer dans la cité phocéenne. Et contrairement à Claude Guéant, il n'a fait aucune annonce spectaculaire. Changement d'époque.
Le nouveau ministre de l'Intérieur a commencé sa visite par le service de police de la gare Saint-Charles, avant d'aller saluer ses « troupes » à l'Évêché. Direction ensuite le lycée Saint-Exupéry (15e) où il y a une dizaine de jours, un règlement de compte avait causé la mort d'un jeune homme en plein jour. Troisième étape à la mairie où Jean-Claude Gaudin a rappelé que son « prédécesseur avait donné des forces substantielles » à la ville : « Mais si le ministre veut faire plus, je veux bien...» Incité à préciser sa politique, Manuels Valls n'a rien lâché : « Je maintiendrai les effectifs, notamment les CRS. À l'évidence, il faudra des moyens supplémentaires ». Combien ? Quand ? Comment ? Le ministre n'a pas répondu : « J'aurai l'occasion de revenir à Marseille pour donner des précisions ».
À la préfecture des Bouches-du-Rhône, quelques heures plus tard, pendant qu'il discutait avec l'ensemble de la hiérarchie policière, son directeur de cabinet recevait les syndicats. À la sortie, toujours pas d'annonce. Seulement la promesse d'une future rencontre.
« Aujourd'hui, c'était une visite de courtoisie, souligne Alphonse Giovannini, secrétaire départemental du SGP/FO. Il ne peut pas régler en cinq jours ce qui n'a pas été fait en dix ans. Laissons-lui du temps ». Yves Robert, secrétaire régional du syndicat des officiers de police, affiche également sa satisfaction : « J'ai bon espoir qu'il renforce les effectifs comme nous le demandons et qu'il porte une attention particulière à Marseille qui est une ville à part ». Pour sa première visite dans la cité phocéenne, Manuel Valls n'a donc rien apporté de concret dans ses bagages. Si ce n'est un nouveau discours : « Je suis un adepte des résultats mais pas forcément des chiffres».