Les ouvriers ont commencé à recevoir leur lettre de licenciement début mai.
Les ouvriers ont commencé à recevoir leur lettre de licenciement début mai. — p. magnien / 20 minutes

Marseille

Les Fralib barricadés

social Le tribunal se prononce mercredi sur l'expulsion des ouvriers

Une journée de rab. Le tribunal de grande instance de Marseille a examiné mardi le référé déposé par la direction de Fralib, qui demandait l'expulsion des ouvriers qui occupent le site de Gémenos depuis vendredi dernier. La justice rendra sa décision ce mercredi après-midi.
Un répit de vingt-quatre heures qui change tout, selon les salariés. « Quel que soit le jugement, mercredi, nous aurons un nouveau ministre de l'Intérieur, estime Olivier Leberquier, délégué de la CGT. On comprendrait mal que la première action de ce nouveau gouvernement soit d'envoyer les forces de l'ordre contre les ouvriers de Fralib. Ce serait très mal venu. »

596 jours de conflit
A Gémenos, l'usine ressemble à un camp retranché aux couleurs de la CGT. Juchés sur le toit, des hommes, dont certains sont cagoulés, surveillent les allées et venues devant le site. A l'entrée, un autre, assis sur une pile de palettes en bois, filtre scrupuleusement les entrées. Impossible de passer la barrière sans décliner son identité. Une centaine de salariés se relaient à l'intérieur pour occuper l'usine. 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. L'ambiance est plutôt bon enfant. Mais tout le monde reste sur ses gardes. Les ouvriers craignent une « descente » de la direction pour déménager les machines. Déterminés à ne rien lâcher, ils ont fait appel du 3e plan social validé par la justice il y a quelques semaines. Même si la plupart ont reçu leur lettre de licenciement, ils en sont sûrs : depuis les élections, le vent a commencé à tourner.