« Les 20% de HLM, ce doit être un minimum »

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Interview de Norredine Abouakil, Association Centre ville pour tous

La communauté urbaine de Marseille (CUM-MPM) organise demain sa convention logement : Centre-ville pour tous (CVPT) y participera ?


Nous y avons été invités, c’est un bon signe. La mairie reconnaît que CVPT, depuis sa création en 2000, a prouvé sa longévité, que nous n’étions pas simplement là pour les municipales de 2001. Nous irons à la convention et nous prendrons la parole si nous le jugeons utile.

MPM doit présenter demain son programme local de l’habitat. Y-a-t-il eu une concertation avec les associations ?

Il n’y en a pas eu. MPM interroge les Marseillais par un site web à quelques jours de la convention. On marche sur la tête !

Pensez-vous que la communauté urbaine a changé de politique en matière de logement ?

Jean-Claude Gaudin a compris que le problème du logement sur Marseille finit par donner une mauvaise image de Marseille en aggravant l’appauvrissement de la ville. Et il faut reconnaître que la mairie sait évoluer quand elle est face à des Marseillais organisés, qui n’hésitent pas à aller en justicier ou à interpeller les médias. Aujourd’hui, par exemple, on expulse plus les gens des hôtels meublés de Belsunce et du Panier. Le changement survient alors que 90% des expulsions ont eu lieu, mais c’est déjà ça.

MPM semble vouloir se fixer un objectif de 20% de logements sociaux sur ses 18 communes, c’est-à-dire même celles qui n’y sont pas forcées par la loi…
Mettre la pression sur toutes les communes est une bonne chose, il ne faut pas avoir des communes uniquement réservées aux riches. En revanche, il faudrait se souvenir que le quota de 20% est un minimum fixé par la loi. Si les besoins sont supérieurs, ce qui est le cas aujourd’hui, il faut aller jusqu'à 30% !

CVPT a publié 10 propositions pour sortir de la crise du logement à Marseille : pensez-vous avoir été entendus ?

Nous verrons demain. Nous proposons beaucoup de mesures qui ont été testées ailleurs. La mairie de Paris, par exemple, a voté une délibération obligeant tous les promoteurs à faire 20 à 25% de HLM sur toutes leurs opérations. Faire cela à Marseille serait un signal psychologique en faveur du logement social.
Etat, élus et associations veulent faire de la mixité sociale. Mais à quelle échelle : la commune, le quartier, la cage d’escalier ?

Aucune municipalité ne peut appuyer sur un bouton et faire que tout le monde s’embrasse dans un immeuble. Le vivre ensemble fonctionne quand l’ascenseur social fonctionne. Et pour ça, le logement est indispensable, même s’il ne suffit pas seul. Une solution pourrait être de mélanger HLM et logements privés dans un même immeuble, mais sans partie commune. C’est un travail sur 10 à 15ans.

Comment avez-vous accueilli la nomination de Daniel Simonpieri* à la tête de la commission équipement de MPM ?

Ce n’est pas un message d’apaisement. Simonpieri n’a aucune compétence en matière de logement, il risque de n’en faire qu’à sa tête et d’être un vrai danger public.

Propos recueillis par Frédéric Legrand

*Maire ex-FN de Marignane, commune mise à l’index par le préfet en terme de respect des quotas HLM