L'état sauve Néo Sécurité

mickaël penverne

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L'agence de Marseille gère le Languedoc-Roussillon et PACA.
L'agence de Marseille gère le Languedoc-Roussillon et PACA. — p. magnien / 20 minutes

Soulagés mais méfiants. Les salariés de Néo Sécurité ont accueilli mercredi avec prudence la nouvelle situation de leur entreprise. Leur groupe, qui emploie 5 000 personnes en France, ne se trouve plus en cessation de paiement. « C'était un peu tendu ces derniers temps, souffle Sébastien Matraglia, délégué syndical UNSA à Toulon. Aujourd'hui, ça va un peu mieux, mais on attend de voir ce qu'il va se passer. »

Convention collective
Néo Sécurité a sauvé – provisoirement – sa peau grâce à l'intervention de l'Etat, qui lui a accordé un sursis pour le paiement de ses charges fiscales et sociales. En échange, le PDG, Jean-Michel Houry, s'est engagé à vendre ses parts pour un euro au prochain repreneur. « On espère maintenant tomber sur une entreprise plus sérieuse que Néo Sécurité », maugrée Sébastien Matraglia. « On ne peut plus faire confiance à la direction, renchérit Mehdi Agueni, de la CFDT à Marseille. Jean-Michel Houry a réclamé 15 millions d'euros à l'Etat pour sauver sa boîte, alors que le plan social en coûtait 10 ! » L'agence marseillaise, située au parc des Aygalades (15e), est la troisième de France, après Paris et Le Havre. Le bureau emploie 450 salariés, qui travaillent à la DCNS (Direction des constructions navales) à Toulon, dans des grandes surfaces comme Ikea, ou encore dans plusieurs centres de rétention administrative. Mercredi, tout était calme. Aucun signe de protestation ni même d'inquiétude. Etrange ? Non, car la convention collective des entreprises de sécurité prévoit, en cas de reprise, le maintien de 85 % des emplois de gardien. Il n'a été donc jamais été question de licencier 5 000 personnes comme le laissait entendre pourtant Jean-Michel Houry. « En fait, il a profité des élections pour faire pression sur l'Etat et obtenir des aides. Il avait fait le même coup l'année dernière », conclu, blasé, Mehdi Agueni.

date butoir

Le ministère de l'Industrie a engagé des discussions avec plusieurs repreneurs potentiels, parmi lesquels Securitas et Fiducial. Selon la direction de Néo Sécurité, l'accord avec cet investisseur devra être conclu avant le 30 juin.