Le Mat, quatre ans ferme et un air de déjà-vu

©2006 20 minutes

— 

Parquet de Marseille-Jacky le Mat : on prend les mêmes et on recommence. Présenté comme « le dernier parrain marseillais », Jacky Imbert, dit « le Mat» (le fou) a été condamné hier à quatre ans de prison ferme pour extorsion de fonds. Le Mat était poursuivi pour des rackets commis de 1992 à 1993 contre des gérants d'établissements de nuit parisiens et marseillais.

Ses avocats se sont immédiatement pourvus en appel, dénonçant un dossier « qui ne repose que sur des écoutes téléphoniques et des témoins qui se rétractent». A l'audience, ceux que l'accusation présentait comme victimes du Mat sont revenus sur les déclarations faites devant les policiers, assurant qu'ils avaient prêté de l'argent à Jacky « par amitié » ou «pour le dépanner ». Reconnaissant qu'il n'y a pas eu «de véritable violence physique » dans ce dossier, le procureur s'est appuyé sur les écoutes téléphoniques – en langage codé – du Mat et de ses victimes pour prouver le racket.

En 2004, déjà, Jacky Imbert avait été condamné par le tribunal de Marseille à quatre ans ferme pour trafic de cigarettes dans un dossier reposant presque entièrement sur des écoutes téléphoniques. La cour d'appel d'Aix l'avait relaxé quatre mois après. Jusqu'ici, Jacky le Mat, 76 ans, a réussi à garder vierge son casier judiciaire grâce aux relaxes, prescriptions et amnisties. Proche du caïd Francis le Belge, le Mat est entré dans la légende après avoir survécu en 1977 à un règlement de comptes à Cassis au cours duquel il avait reçu vingt-deux balles dans le corps.

F. L. (avec AFP)

Co-prévenus au procès du Mat, les deux frères Mariotti, toujours en cavale, ont été condamnés hier à sept ans de prison ferme pour avoir préparé l'assassinat d'un ancien membre de leur bande.