Un Nouveau campement indésirable

Nicolas Goinard

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Le campement de Roms jouxte l'A7, en contrebas de la fondation Vasarely.
Le campement de Roms jouxte l'A7, en contrebas de la fondation Vasarely. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Que faire des Roms ? La mairie d'Aix-en-Provence a proposé une solution en les assignant en référé pour les expulser. « La maire a expliqué qu'elle voulait les renvoyer à la frontière », raconte Marc Durand, vice-président de l'association Rencontres tsiganes. Ce mardi matin, il sera présent avec d'autres membres du Collectif aixois pour la dignité et les droits des Roms, des immigrés et des sans-papiers (Caddris). Un rassemblement va se tenir devant le tribunal de grande instance d'Aix-en-Provence où sont assignés par la mairie une trentaine de Roms vivant sur le campement de Vasarely. Un huissier a établi une liste d'une trentaine de noms pour cette assignation devant le juge des référés. Là où les cabanes accolées à des caravanes sans essieux empiètent sur la voie ferrée, environ cinquante adultes et quinze enfants vivent. Les premiers Roms sont arrivés ici il y a six ans et le camp a grandi. « Tout le monde vit dans la peur de l'expulsion », poursuit Marc Durand. Car la mairie a déjà, début avril, obtenu gain de cause auprès de la justice. Deux campements vont ainsi être démantelés au début du mois de mai. Pour beaucoup, les Roms de ces deux sites étaient arrivés après avoir été expulsés de Marseille. À chaque fois, la ville s'est appuyée sur le trouble à l'ordre public pour saisir la justice. Car le campement dont il doit être question ce mardi au tribunal est installé sur un terrain n'appartenant pas à la commune mais à la SNCF.
Le collectif entend donc s'appuyer sur cette donnée pour défendre la cause des Roms. « Nous sommes davantage préparés que pour les autres affaires », conclut Marc Durand. Contacté, Jules Susini, l'adjoint en charge des questions de sécurité a refusé de s'exprimer sur le sujet. Tout comme l'avocat de la Ville Me Jean Beaurain.