La dépendance aux jeux, un mal discret mais sérieux

ADDICTIONS En ce vendredi 13, les accros aux jeux vont tenter leur chance...

Nicolas Goinard

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Un buraliste vend un ticket d'EuroMillions à Truchtersheim, près de Strasbourg, le 2 février 2006.
Un buraliste vend un ticket d'EuroMillions à Truchtersheim, près de Strasbourg, le 2 février 2006. — AP Photo/Bob Edme

De notre correspondant à Marseille,

En ce vendredi 13, il y a ceux qui vont gratter ou cocher comme par tradition. Parce qu'ils se disent que finalement ils vont peut-être gagner. Puis il y a les autres. Les accros. Les dépendants. A Marseille (Bouches-du-Rhône), ils représenteraient 1% de la population. Un chiffre qui varie entre 0,5 et 1% pour tout l'Hexagone. «Ici, il y a des casinos, des hippodromes, un accès facile à toutes les sortes de jeux d'argent», note le docteur David Magalon, médecin chargé de l'addiction aux jeux au sein du service d'addictologie du CHU Sainte-Marguerite (Marseille, 9e).

«Ils pensent pouvoir s'en sortir grâce aux jeux»

«C'est une addiction comportementale qui peut être combinée à une autre addiction. Les joueurs fument par exemple deux fois plus que la population générale.» Selon le médecin, les causes peuvent être multiples. L'une d'elle consiste à se dire «quand je vais jouer au moins, je ne me sens pas mal.»

La dépendance s'installe alors et place les joueurs dans une spirale infernale. Le médecin explique: «Il se disent qu'ils peuvent s'arrêter dès le lendemain.» Mais c'est rarement le cas. «Les gens pensent pouvoir s'en sortir en gagnant aux jeux.»

Certaines loteries sont plus dangereuses que d'autres. Le Dr Magalon cite notamment le Rapido, ce jeu dont le tirage revient toutes les deux minutes. La tentation de jouer à nouveau est grande. La solution? Une consultation. Même si cette addiction est peu visible contrairement à d'autres, elle nécessite une prise en charge. Le Dr Magalon conclut: «Nous allons motiver le patient et faire un plan de remboursement pour ses dettes. Nous allons aussi casser ses croyances.» Penser gagner un vendredi 13 par exemple, en est une.