Le forage récolte l'orage

mickaël penverne

— 

Le rassemblement de dimanche partira de la plage de l'Argentière.
Le rassemblement de dimanche partira de la plage de l'Argentière. — p. magnien / 20 minutes

La mobilisation se poursuit contre l'hypothèse d'un forage pétrolier au large de Marseille. Dimanche, les écologistes appellent à un rassemblement « maritime et littoral » autour du fort de Brégançon, dans le Var. Nom de l'opération : « le Trafalgar des pétroliers ».

« Risque de marée noire »
Fin 2010, la compagnie britannique pétrolière Melrose demande au gouvernement un renouvellement de son permis de recherches d'hydrocarbures sur une zone de 9 300 km². Problème : le projet « Rhône Maritime » se situe à moins de 30 km du futur Parc national des Calanques. Le ministère du Développement durable a jusqu'au 11 avril pour donner sa réponse. A moins qu'il ne la repousse après les élections. En attendant, les opposants s'organisent. « Une nouvelle fois, la Méditerranée est hantée par la tentation du tragique, a expliqué jeudi Sébastien Barles, porte-parole d'Europe-Ecologie-Les Verts. Il n'y a eu aucune enquête publique, aucune étude d'impact. Alors que le risque de marée noire est considérable. » Dimanche, les écologistes espèrent rassembler les plaisanciers et les pêcheurs autour de Brégançon pour « dire non à la plateforme de forage ». D'ailleurs, celle-ci serait la partie émergée de l'iceberg. Il existe, selon eux, un projet similaire au large de Toulon baptisé Gold (Gulf of Lion's Drilling) et qui vise officiellement à étudier les sédiments et les variations climatiques de la Méditerranée grâce à un forage de plus de 2 700 mètres de profondeur. Mais pour Europe-Ecologie-Les Verts, pas de doute : les compagnies pétrolières ne sont pas loin derrière. « Sous prétexte de recherche scientifique, se cache en fait un partenariat public-privé, reprend Sébastien Barles. Une nouvelle fois, les finances publiques vont servir des intérêts privés. » On n'en est pas encore là, temporise Marina Rabineau, géologue au CNRS de Brest et coresponsable du projet Gold : « Les compagnies pétrolières n'apportent aucun financement. En revanche, elles seront forcément intéressées par les résultats et pourront les utiliser comme elles le souhaitent. » Le Golfe du Lion pourrait cacher de belles réserves d'or noir sous la croûte salée des fonds méditerranéens. En 2011, le Brésil a découvert, sous 2 000 mètres de sel, des réserves estimées entre 5 et 8 milliards de barils de pétrole et de gaz naturel.