Les fralib renforcentencore la vigilance

caroline delabroy

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Les salariés veulent pouvoir accéder à leur lieu de travail.
Les salariés veulent pouvoir accéder à leur lieu de travail. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Ils en appellent aux citoyens. Redoutant un « passage en force de la direction », les salariés de Fralib de Gémenos demandent aux personnes solidaires de leur lutte d'adhérer à un comité de surveillance citoyenne de l'usine, afin d'assurer une présence en continu, le jour sur place et la nuit à l'extérieur. La méfiance est née du renforcement de l'équipe chargée de l'accueil et de la sécurité à l'entrée du site.

Unilever assigné en référé
« Nous avons vu arriver deux personnes d'une société privée sans que le comité d'entreprise (CE) ne soit informé officiellement de leur rôle exact », souligne Gérard Cazorla, secrétaire du CE. La situation s'est un peu plus tendue samedi dernier, lorsqu'une dizaine d'élus du personnel ont été empêchés de pénétrer sur le site. Ils souhaitaient, disent-ils, se rendre à leur local syndical, situé sur le parking de l'usine. Ayant fait constater la situation par un huissier, les salariés assignent ce vendredi matin Unilever devant le tribunal de grande instance (TGI) de Marseille.
La direction d'Unilever, propriétaire de l'usine Fralib, affirme de son côté que « le site est fermé le week-end ». « Pour des raisons de sécurité, on ne peut entrer comme on veut sur un site industriel en France », insiste Sophie Jayet, la directrice de la communication du groupe.
En lutte pour sauver de la fermeture leur usine de thé Eléphant, les salariés de Fralib maintiennent plus que jamais la vigilance. « Le lien très étroit entre le gouvernement et Unilever nous amène à l'être d'autant plus », affirme Olivier Leberquier, délégué CGT.
Un récent article du quotidien Le Monde, en date du mardi 27 mars, fait en effet état d'informations selon lesquelles le ministère du Travail aurait bloqué une lettre d'observation de la direction régionale du travail à celle de Fralib. Or cette lettre relèverait les irrégularités du troisième plan de sauvegarde pour l'emploi. Celui-ci est l'objet d'une audience en référé devant le TGI de Marseille mercredi prochain. Assurément, la prochaine date-clé d'un conflit social qui dure depuis maintenant dix-huit mois.

Rectificatif

A la suite de notre article paru dans l'édition du 21 mars, la direction de Fralib précise qu'elle « serait disposée à mettre 1,5 million d'euros [et non 20 millions comme écrit] sur la table pour revitaliser le territoire en aidant à la création de 180 emplois dans les entreprises de la région ».