Le Canet accueille ses premiers sans-papiers

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La police aux frontières a commencé hier les transferts des sans-papiers en attente d'expulsion vers le nouveau centre de rétention administrative du Canet (14e). Militants et sympathisants du collectif Uni(e)s contre une immigration jetable (Ucij) ont manifesté hier devant les nouveaux bâtiments pour dénoncer « le passage au stade industriel » des reconduites à la frontière.

Vétuste, l'ancien centre d'Arenc (2e) comptait 60 lits, contre 170 au centre du Canet. Le nouveau bâtiment est flambant neuf, avec lits pour les familles, ouvertures pour voir le ciel et itinéraires de promenades grillagés. Les conditions sont moins précaires qu'à Arenc, « mais ce n'est pas parce qu'on améliore l'hôtellerie qu'on règle le problème de fond », tranche Philippe Dieudonné, président de la Ligue des droits de l'homme de Marseille. Les associations dénoncent un système « qui s'en prend aux plus faibles et n'a qu'une utilité symbolique ». « A Marseille, 2 000 personnes ont été placées en rétention l'an dernier, note Louis Breton d'Ucij. Le nombre d'expulsés des Bouches-du-Rhône représente un ratio de 6 habitants sur 10 000. Quelle différence s'ils restaient en France ? »

Autre inquiétude : les associations craignent avec le nouveau centre une montée en puissance des expulsions d'enfants. « A Marseille, on a recensé près de 300 sans-papiers scolarisés, et nous sommes sûrement très en dessous de la réalité, estime Florimond Guimard, du Réseau Education sans frontières. D'après les textes, dès la fin de l'année scolaire, ils sont expulsables. »

F. Legrand

Les sans-papiers arrivés du Maghreb représentaient 60 % des deux mille personnes retenues au centre d'Arenc en 2005. « Ce sont majoritairement des jeunes travaillant dans le bâtiment », selon le collectif Uni(e)s contre une immigration jetable.