Un ancien élu marseillais réclame «justice»

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Pour Richard Armenante, c'est une question «d'honneur ». Condamné en 2002 en appel pour fraude fiscale, cet adjoint de Robert-Paul Vigouroux (maire sans-étiquette de Marseille) entre 1989 et 1995, s'estime victime d'un « déni de justice ». Il vient de déposer une plainte devant le tribunal de grande instance de la ville pour obtenir réparation.

L'affaire débute en 1992. Une grève à la prison des Baumettes perturbe l'activité de la société de Richard Armenante, SPMP Riviera (transformation de matières plastiques), qui sous-traitait une partie de son activité à l'administration pénitentiaire. Les problèmes de trésorerie s'accumulent, et le tribunal administratif, saisi, évalue les pertes à 8 millions de francs. Après l'échec d'un projet de relance, Richard Armenante dépose le bilan en 1996. Au même moment, son dossier est alors « dépaysé » au tribunal d'Aix, « sans aucune justification », affirme l'intéressé.

Guy Mariani, nommé administrateur judiciaire de la société, écarte Richard Armenante, qui va alors être mis en cause pour des problèmes de TVA dans son entreprise. « Des anomalies pour lesquelles j'avais porté plainte », note l'ex-élu. Relaxé en première instance en 2001, Armenante est condamné en appel en 2002 à six mois de prison avec sursis. « On m'a condamné après avoir refusé d'entendre un témoin capital, qui n'est autre que la directrice départementale du Trésor, dont les arguments m'avaient permis d'être relaxé en première instance », assure-t-il.

Sur la base de cet argument, il se pourvoit en cassation. Rejeté. « Pourquoi a-t-on refusé d'entendre ce témoin ? Pourquoi mon dossier a-t-il atterri à Aix sur le bureau de Guy Mariani, par la suite condamné à de la prison pour malversations ? », questionne Richard Armenante, qui a porté l'affaire devant la Cour européenne des droits de l'homme. L'ancien élu est aussi convoqué le 20 juin dans le cadre de la plainte pour « escroquerie en bande organisée » qu'il vient de déposer. « J'ai confiance en la justice. Aujourd'hui, je veux me battre pour que l'on rétablisse mon honneur.»

S. H.

L'affaire a été transmise au ministère de la Justice. Un courrier du cabinet du ministre datant de fin mars précise « qu'une étude est en cours ».