Des interpellés très jeunes

caroline delabroy

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Interpellation à Marseille (archive).
Interpellation à Marseille (archive). — F.Pennant/20minutes

Une compilation de trente-huit nouveaux cas. L'observatoire départemental sur les violences policières illégitimes présentait mardi son rapport d'activité 2010-2011. « Trois sujets principaux ressortent : les Roms, l'âge des personnes interpellées, de plus en plus jeunes, et les conditions d'interpellation », résume Chantal Mainguy de la Ligue des droits de l'Homme (LDH), l'une des quatre associations composant l'Observatoire.

Verbalisé pour une trottinette
« On note des harcèlements répétitifs de familles roms, avant même que la justice ne prononce leur expulsion », précise Caroline Godard de Rencontres Tsiganes. Sur la question des jeunes, le rapport fait état de six interpellations d'enfants âgés entre 12 et 13 ans. « Un seul sera finalement verbalisé pour défaut de papier d'un véhicule non homologué, en fait une trottinette à moteur », indique Maïssara Mradabi, juriste pour le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), qui regrette « une conception répressive de la délinquance des mineurs ». L'Observatoire entend également alerter sur « les gestes techniques d'intervention et la force strictement nécessaire, souvent avancés par les procureurs pour classer sans suite les plaintes de victimes de violences policières ». « Plusieurs cas montrent que ces gestes ont abouti à des fractures, certaines multiples », relève Chantal Mainguy, qui veut cependant conclure sur une note d'espoir. « Nous avons recueilli, et c'est nouveau, plusieurs témoignages d'interpellés notant la courtoisie de policiers en désaccord avec certaines méthodes non déontologiques  ».

autre enquête L'antenne 13 de la Commission nationale Citoyens-Justice-Police présentait en même temps un rapport d'enquête, portant sur l'interpellation d'un père de famille sur une plage de l'Estaque. « Cette affaire est pour nous significative de ce qui peut arriver à un citoyen lambda, aussi nous souhaiterions que les règles de la rétention soient réformées comme l'ont été celles de la garde à vue », affirme Christine Bartolomeï du syndicat de la magistrature.