Un partenaire pour la reprise

amandine rancoule

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Les 182 salariés de Fralib se battent depuis 526 jours pour sauvegarder leur emploi et leurs outils de travail.
Les 182 salariés de Fralib se battent depuis 526 jours pour sauvegarder leur emploi et leurs outils de travail. — f.pennat / 20 minutes

Une nouvelle étape a été franchie dans le projet alternatif de redémarrage de l'activité de thé et infusions sur le site Gémenos, porté par les salariés de Fralib. Présentée mardi, une convention de partenariat avec un entrepreneur marseillais, Bernard Ruspini, basé à Aix-en-Provence a été signée. « La région marseillaise possède un savoir faire et je vois disparaître depuis plusieurs mois sa couleur industrielle », regrette Bernard Ruspini, le gérant de MFB Lario, société de prise de participation signataire de la convention.

« Reprise dès accord d'Unilever »
« C'est un partenaire qui va assurer la partie gestion, s'occuper de la commercialisation, etc. Les repreneurs c'est nous, les salariés, sous la forme juridique d'une Scop par exemple », assure Olivier Leberquier, délégué CGT. En précisant être ouvert à d'autres partenaires industriels, Gérard Cazorla, le représentant du personnel au comité d'entreprise explique : « Cette convention est un préalable d'entente destiné à officialiser la reprise de l'usine dès accord avec le groupe Unilever ». Les salariés demandent toujours à la multinationale de fournir l'usine de Gémenos en matières premières : 1 000 tonnes ou 610 millions de sachets durant 5 ans. Mais Unilever, qui menace de fermer l'usine, considère le projet de reprise comme irréalisable. « Ce projet est une impasse, produire s'il n'y a pas de clients n'a pas de sens, analyse Angel Llovera, le directeur de l'usine Fralib. Si Unilever avait des débouchés ici, il ne voudrait pas fermer l'usine ». Mais pour le dirigeant de la société MFB Lario, « le groupe Unilever n'a pas réussi ou voulu entamer le dialogue avec le collectif de salariés. Aujourd'hui, le point dur reste Unilever. En tant que chef d'entreprise, il me semble être mieux de sortir la tête haute de ce conflit en acceptant ce projet plutôt que de s'obstiner ».

table ronde

A la suite d'une rencontre la semaine dernière avec les salariés, Matignon devrait s'exprimer ce mercredi sur l'organisation éventuelle d'une table ronde entre les Fralib, Unilever et les collectivités territoriales. Mardi, le groupe a assuré n'avoir eu aucun contact avec le gouvernement à ce sujet.