Guérini, « dans une tenaille judiciaire et politique »

amandine rancoule

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Jean-Noël Guérini, mercredi dernier.
Jean-Noël Guérini, mercredi dernier. — J.-PAUL PELISSIER / REUTERS

Une demande de levée d'immunité parlementaire de Jean-Noël Guérini, sénateur (PS) des Bouches-du-Rhône, devrait être transmise à Paris, a révélé lundi le quotidien Libération. Mis en examen dans une affaire de marchés publics, le président du Conseil général s'est présenté mercredi dernier au tribunal suite à une convocation mais avait refusé de répondre aux questions du juge Charles Duchaine. Protégé par son immunité parlementaire qui le soustrait à toutes mesures privatives de liberté, l'élu a ainsi quitté le tribunal. Il a demandé une nouvelle fois un dépaysement de son dossier face à des fuites dans la presse constituant, selon lui, « une violation réitérée du secret de l'instruction ».

« Une méthode réversible »
Selon France 3, le juge a demandé la possibilité de contraindre l'élu par la délivrance d'un mandat d'amener et le recours à la force publique pour les interrogatoires futurs. « Si le juge est allé aussi loin en terme de délais puisqu'il a pris son temps pour analyser le dossier, et qu'il demande maintenant la levée de l'immunité, c'est qu'il détient des éléments pour aller plus loin, estime Daniel van Eeuwen, le directeur délégué de l'IEP d'Aix. Le capitaine du bateau bleu est en perdition politique. Jouer la montre, gagner du temps, puer l'impudence, acculer le juge est une méthode réversible et contre productive». Selon le politologue, le sénateur est pris dans une tenaille judiciaire et politique. « Si la justice lève son immunité, Solférino va devoir décoller ce sparadrap en pleine campagne et la fronde dans les rangs du Conseil général va s'amplifier. Ceux qui apparaissent au département comme les derniers remparts vont enfin sortir des bois ».

parcours

Lundi, la demande de levée d'immunité était en traitement au parquet général qui devrait le transmettre au ministère de la Justice puis au bureau du Sénat, désormais à majorité de gauche. La procédure pourrait ainsi durer un mois