Jeunes enfants intoxiqués au plomb

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La peinture au plomb a un agréable goût sucré. Et Antifati, 4 ans, n'a pu s'empêcher d'en sucer des morceaux détachés des murs, malgré la surveillance de sa mère. D'où un taux de plombémie de 218 microgrammes par litre de sang chez l'enfant – le seuil d'intoxication étant fixé à 100 microgrammes. «On aurait dû me changer d'appartement avant que ma petite ne soit malade », peste Fatima. Cette mère de famille habite avec ses six enfants au 4e étage d'un immeuble délabré du quartier Noailles. Depuis 2003, elle multiplie les démarches pour être relogée, en vain. La Ddass a pourtant détecté du plomb dans la peinture des murs, des portes et des fenêtres. Et les attestations du service du professeur Bernard, spécialiste du saturnisme, souligne qu'il est « urgent de changer d'appartement ». « La loi contre l'exclusion de 1999 nous a donné des armes extraordinaires mais on met toujours trop de temps quand un enfant est exposé », reconnaît Max Garans, responsable du service santé et environnement de la Ddass 13. Aujourd'hui, Antifati est suivie mais elle manque encore de force et d'appétit. « C'est une pathologie dont on peut facilement se débarrasser mais qui peut causer des retards intellectuels, de croissance ou des troubles psychomoteurs », précise le docteur Pierre Reyes, chargé des consultations sur le saturnisme à la Timone. A condition de pouvoir le détecter rapidement. « Le problème, c'est que la population la plus touchée est souvent dans une situation précaire et ne demande rien à personne, souvent par ignorance », ajoute Pierre Reyes. Le propriétaire de l'immeuble de Fatima s'est engagé à faire des travaux et un nouveau logement a été promis sous quinze jours. Lasse, Fatima attend de voir pour y croire enfin.

Sarah Marengo