Trois personnes écrouées après un incendie

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Une affaire de dettes serait à l'origine de l'incendie d'un immeuble de la Blancarde (4e), qui a provoqué la mort de trois personnes vendredi soir. Vers 21 h 30, le feu s'est déclaré au rez-de-chaussée du 2, rue Yves-Chapuis. Au troisième étage, une femme de 28 ans, qui a sauté par la fenêtre avec son fils de 8 ans pour échapper aux flammes, est morte sur le coup. Son fils a succombé à ses blessures samedi. Son autre enfant, un bébé de 1 an, a été retrouvé mort asphyxié dans l'appartement. Six autres occupants de l'immeuble ont été intoxiqués par les fumées et hospitalisés.

Très vite, le soir même, vers 1 h du matin, une équipe de la brigade anticriminalité (BAC) repère sur la Canebière une vieille Super 5, aperçue par des témoins près de l'immeuble peu avant le drame. Interpellé, le conducteur, Morgan, 19 ans, présente plusieurs traces de brûlures tout comme son ami Salem, 24 ans, qu'il venait de déposer à son domicile. Ce dernier a été arrêté alors qu'il ressortait de chez lui. Avant même leur garde à vue à la PJ, les deux hommes, inconnus de la police, seraient passés aux aveux. De sources proches de l'enquête, ils auraient voulu récupérer de l'argent pour le compte de la mère de l'un d'eux, compagne de l'occupant du rez-de-chaussée.

Après avoir cassé la porte de l'appartement, et n'ayant trouvé aucun objet de valeur ni d'espèces, ils auraient mis le feu à l'aide d'un produit inflammable pour « punir » l'intéressé, absent ce soir-là. Une troisième personne, la mère de l'un des deux jeunes hommes, a été interpellée samedi et placée en garde à vue. Tous trois ont été déférés au parquet hier en fin d'après-midi et devaient être mis en examen dans la soirée pour « incendie volontaire ayant entraîné la mort », « incendie volontaire ayant entraîné une ITT de huit jours » et « vol en réunion ». Ils risquent la réclusion criminelle à perpétuité.

Omar Charif et Stéphanie Harounyan