L'hôpital public soigne son déficit

Jérome Comin

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Le centre hospitalier de la Timone va connaître plusieurs changements avec l'arrivée d'un nouveau bâtiment.
Le centre hospitalier de la Timone va connaître plusieurs changements avec l'arrivée d'un nouveau bâtiment. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

L'assistance publique–Hôpitaux de Marseille (APHM) s'occupe de sa santé financière. Handicapée par une dette de 650 millions d'euros (soit 52 % de son budget), l'APHM est engagée depuis 2009 dans un plan de retour à l'équilibre qui lui permet d'économiser 2 millions d'euros par mois. Et ce n'est pas fini, a indiqué la direction hier lors d'une conférence de presse. Cette chasse au déficit va se poursuivre en s'articulant notamment autour d'une « redistribution des activités de soins avec thématisations et densification des sites hospitaliers pour créer des grands pôles d'activités », détaille Guy Moulin, président de la commission médicale d'établissement.

« Problème d'accès aux soins »
Avec par exemple le regroupement de l'activité liée au thorax à l'hôpital Nord, la redistribution de la pédiatrie entre la Timone et Nord ou le regroupement de l'ensemble des plateaux techniques lourds liés aux urgences dans le bâtiment médico-technique qui doit ouvrir en 2013. « Nous voyons cette thématisations d'un mauvais œil, grince Danielle Ceccaldi, secrétaire général CGT de l'APHM. Les services de chirurgie et d'urgences pédiatriques vont ainsi quitter l'hôpital Nord, ce qui va poser un problème d'accès aux soins. » Mais les économies ne seront pas uniquement faites via un regroupement de compétences. « On a effectué un travail sur les contrats de maintenance qui devrait nous permettre d'économiser 900 000 € en 2012 et la réduction de postes sur la plate-forme logistique, ajoute Jean-Paul Segade, directeur général de l'APHM. Toutes ces mesures devraient nous permettre un retour à l'équilibre pour 2016 et ce, sans réduire le personnel médical. » Une analyse pas partagée par les syndicats. « On a du mal à y croire étant donné que le personnel en arrêt maladie n'est même pas remplacé, souffle Danielle Ceccaldi. On est toujours à flux tendu. »

Foncier

râce à la vente de ses biens, l'APHM a récolté 11 millions d'euros en 2011. Pour cette année, Pierre Sebag espère obtenir 20 millions d'euros.