« Ce sont les quartiers populaires qui ont le plus souffert »

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Interview de Fati Bouaroua, fondation Abbé Pierre Paca

Marseille a-t-elle beaucoup souffert de la flambée de l’immobilier ?

Toute la région Paca a vu ses loyers augmenter fortement, mais ce sont les quartiers populaires qui ont le plus souffert. Les quartiers Nord de Marseille ont vu des hausses de 100 à 150% pour du relogement dans de l’ancien. Dans le 8e arrondissement, en revanche, la hausse reste inférieure à 64%.

ç’en est fini de la « Marseille populaire » ?

Marseille était une ville où le foncier n’était pas cher. Selon l’expression des promoteurs, elle était « une des dernières villes à prendre ».

L’Etat a lancé des constructions massives de HLM en Paca. Est-ce efficace ?

On a jamais construit autant de logements en Paca : 14000 l’an dernier, tout secteurs confondus. Mais on ne compte parmi eux que 400 PLAI, les HLM destinés aux plus défavorisés. Or c’est d’eux dont on a besoin puisque nous sommes confrontés à un appauvrissement général de la population.

Que propose la fondation pour redresser la situation ?

Ce n’est pas dans l’air du temps, mais nous disons qu’il faut en passer par une régulation des prix, notamment via la municipalisation des terrains. Cela se fait déjà en Angleterre : tous les terrains appartiennent au maire, il n’y a que la construction qui est privée.

Recueillis par F.L.