Ils ne broient plus du noir

Jérôme Comin

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L'usine pourrait repartir en 2012.
L'usine pourrait repartir en 2012. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Les Net Cacao boivent du petit-lait. Les deux repreneurs de la chocolaterie située à Saint-Menet (11e), placée en liquidation judiciaire le 16 juin dernier, ont présenté leur dossier respectif vendredi au tribunal de commerce de Marseille. D'un côté la société Socapag, spécialisée dans le négoce de fèves de cacao et dirigée par un chef d'entreprise franco-Libanais, et de l'autre le groupe à capitaux russes Ivory Coast Cacao (ICC).

« On a eu raison de se battre »
Et le moins que l'on puisse dire, c'est que les dossiers proposés ont convaincu du côté des anciens employés de l'usine qui fête ses 60 ans cette année. « Le tribunal a estimé que les deux projets sont sérieux, fiables et dotés de propositions financières solides, explique Norbert Sanchez, ex-délégué CGT présent lors de la présentation. Il faudrait que je sois difficile pour ne pas être content. » Une satisfaction d'autant plus forte que l'emploi tient une place prépondérante dans les deux dossiers : 50 à 70 personnes seraient ainsi recrutées lors de la première année de redémarrage, qui pourrait intervenir courant 2012, et 130 à 140 d'ici à 2014 en fonction des résultats. « Quel que soit le projet qui sera choisi par le tribunal, le seul vainqueur sera l'emploi, se réjouit Jean-François Molina, représentant du personnel. Cela prouve que l'on a eu raison de se battre et de croire en cette entreprise car on voit aujourd'hui qu'elle est viable. Ce n'est que du bonheur pour la vingtaine de salariés qui viennent tous les jours bénévolement depuis sept mois pour entretenir l'usine. » Le tribunal de commerce de Marseille va maintenant étudier les propositions de la Socapag et d'ICC jusqu'à vendredi avant de trancher. « Ils méritent tous les deux d'être prix, assure Norbert Sanchez. Mais la leçon à retenir est qu'il a des alternatives aux fermetures d'usines, et que les salariés, comme ceux de Fralib, doivent poursuivre leur lutte. »

repères

La chocolaterie de Saint-Menet avait été fermée en 2004 par le groupe Nestlé. La fabrique avait été reprise, après deux ans de lutte sociale, par Net Cacao qui avait été placée en liquidation judiciaire en juin 2011 en raison d'un problème de trésorerie.