Les dessous marseillais se découvrent

Amandine Rancoule

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La nouvelle carte de géologie de la région est valable au moins jusqu'en 2050.
La nouvelle carte de géologie de la région est valable au moins jusqu'en 2050. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Une carte souterraine de Marseille-Aubagne. Des comme celle-ci, il n'en sort qu'une par demi-siècle. La première date de 1937, la dernière de 1967. Douze géologues bénévoles, coordonnés par Michel Villeuneuve, directeur de recherche au CNRS, travaillent ensemble pour en éditer une nouvelle au 1/50 000. Elle couvre un territoire allant de L'Estaque à la Sainte-Baume et de la Ciotat au Planier. « Le but est de savoir ce que l'on a sous les pieds, explique le coordinateur. Ce document peut servir à l'urbanisme, pour creuser le métro par exemple, mais aussi au particulier qui veut savoir s'il y a de l'eau sur son terrain ».

Deux bassins au lieu d'un
Grâce aux techniques modernes, on passe de 20 à 80 % de connaissances supplémentaires des sous-sols par rapport à 1967. Si la partie colline, massif de l'Etoile, des Calanques, etc., est connue, le bassin est resté longtemps mystérieux. Ainsi, on imaginait l'existence d'un seul bassin marseillais. La nouvelle carte en dévoile deux. L'un, au sud est vieux de 34 à 30 millions d'années. L'autre, au nord, date de 30 à 25 millions d'années. « Le bassin sud n'a rien à voir avec la Corse, souligne le géologue. Il y a 25 millions d'années, la Corse, la Sardaigne et les Pyrénées ne formaient qu'une seule chaîne de montagne. » Car, pour Michel Villeneuve, connaître la terre, c'est aussi rencontrer l'Histoire. Le grand bassin marseillais est un résumé de « ce qu'il s'est passé en Afrique, en Italie, en Espagne ».

Forage

A Marseille, il existe un seul forage de 750 m, datant d'avant Première Guerre mondiale et situé à Saint-Mauront. « C'est simple, entre 20 m et un kilomètre sous terre, on ne savait rien » souligne Michel Villeneuve. Or, les bassins marseillais sont riches : une nouvelle couche est possible tous les 50 m.