Fausse fuite de fuel au large de Fos

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Trois bateaux cerclent sur la mer et aspergent l'eau à l'aide de grands rails-arroseurs. Derrière eux, deux navires tendent une barrière de bouées orange et aspirent les faux hydrocarbures dispersés par l'arrosage. « Les barrages, ça ne fonctionne malheureusement que par mer relativement calme », explique l'enseigne de vaisseau Cécile Poisson, chargée de la pollution à la préfecture maritime de Toulon.

Bienvenue au beau milieu de Pollux, un exercice de lutte contre la pollution maritime, mobilisant trois avions et une dizaine de bateaux français, espagnols et italiens au large de Fos. L'exercice a commencé mardi à 15 km des côtes par une fausse collision entre un pétrolier (prêté pour l'exercice par... Total) et un cargo, figuré par un navire de la Marine. Près de 1 800 m3 de pseudo-hydrocarbures se répandent. La « forte brume » prévue pour l'exercice complique tout. « Dans ces cas-là, on envoie une équipe à bord pour évaluer l'état du bateau et la nature des hydrocarbures, explique Olivier Laurens, adjoint du préfet maritime. C'est capital pour choisir les techniques d'intervention.»

Pour l'opération Pollux, l'info a bien circulé. « Nous étions face à des équipages français et c'était déjà difficile, tempère un officier. Alors, s'il avait fallu parler anglais ou négocier avec un équipage coréen... » Après une deuxième « fuite » sur le pétrolier et l'intervention d'avions pour asperger la mer de produits dispersant, tous les navires ont regagné la base de Toulon, hier après-midi.

Frédéric Legrand

L'an dernier, les douanes ont dressé 250 PV de constat de pollution en Méditerranée, dont 9 en flagrant délit. De 2004 à 2005, la préfecture maritime a transmis à la justice 22 dossiers de pollution.