Peine légère pour le militaire qui avait embouti un camion nucléaire

JUSTICE L'engin transportait des ogives nucléaires...

Jérôme Comin

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Me Kirsch, l'avocate du jeune militaire au volant du camion accidenté.
Me Kirsch, l'avocate du jeune militaire au volant du camion accidenté. — P.MAGNIEN / 20 MINUTES

Secret défense. Le caporal-chef de 28 ans, qui était jugé hier à la chambre militaire du tribunal de grande instance de Marseille après avoir accidenté un camion de transport d'ogives nucléaire en juin 2010, a écopé d'une peine relativement légère. Le jeune homme, entendu à huis clos en raison du caractère «sensible» du dossier, a été jugé coupable de violation de consignes de sécurité et de blessures involontaires et condamné à six mois avec sursis, sans inscription au casier judiciaire et sans suspension de permis.

5 millions d'euros de préjudice

Pourtant, le 9 juin dernier, le camion de 38 t que conduisait ce militaire à 72 km/h, au lieu des 30 autorisés, s'était renversé sur la base aérienne d'Istres alors qu'il essayait d'éviter un joggeur, révélait La Marseillaise en décembre. Circonstance aggravante, le jeune homme ne disposait pas des qualifications requises pour piloter un tel engin. Bilan de l'accident: les trois passagers du véhicule blessés – l'un d'eux a eu deux vertèbres cervicales fracturées –, et un camion estimé à 5 millions d'euros envoyé à la casse. «La responsabilité de cet accident ne repose pas que sur les épaules de mon client, explique son avocate, Me Kirsch. La route venait d'être refaite, il n'y avait pas de panneaux annonçant ce virage et il y avait des défaillances techniques au niveau du camion.» Même son de cloche du côté de Me Joly, avocate de la victime la plus touchée qui s'est constituée partie civile. «Mon client en veut moins au conducteur qu'au véhicule, affirme-t-elle. Des problèmes sur les freins ou l'essieu avaient été signalés.» Son client se réserve le droit de porter plainte par la suite. «Cette affaire peut coûter cher à la république, glisse Me Lombard, qui représentait l'Etat en tant que partie civile. Il n'existe que cinq camions de ce type dans le monde.»